Esma Ben Said
11 Novembre 2017•Mise à jour: 12 Novembre 2017
AA/Niamey/Kané Illa
L’opposition nigérienne regroupée au sein du «Front pour la Restauration de la Démocratie et la Défense de la République» (FRDDR) et un autre groupe réunis au sein du «Front des Partis Politiques Non Affiliés pour l’Alternance Démocratique au Niger » (FPNAD-Centre) ont rejeté, samedi, la nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI) chargée d’organiser les élections générales de 2021.
«Le FRDDR et le FPNAD rejettent la CENI permanente dans sa forme actuelle, et récusent les membres qui la composent», ont-ils affirmé dans une déclaration commune. Selon le «FRDDR» et le «FPNAD», sur les 13 membres qui composent la nouvelle CENI, «seuls 3 ne relèvent pas du PNDS-Tarayya (le principal parti au pouvoir, Ndlr).
Aucune réaction du pouvoir n'a été enregistrée jusqu'à 15h30 GMT.
Le vendredi 3 novembre dernier, le ministre nigérien de l’Intérieur Bazoum Mohamed avait officiellement installé cette CENI chargée d’organiser les élections générales de 2021, auxquelles l’actuel Président de la République Issoufou Mahamadou ne pourra pas, en principe, se présenter, étant donné qu’il achèvera son second et dernier mandat constitutionnel.
Les représentants de l’opposition et ceux des partis «centristes» n’avaient pas répondu présents à la cérémonie. Les observateurs redoutent que ce rejet de la nouvelle CENI par le «FRDDR» et le «FPNAD» ne viennent alourdir davantage un climat politique tendu au Niger depuis les élections législatives et présidentielles de février et mars 2016.
Le candidat de l’opposition et ancien Président de l’Assemblée nationale Hama Amadou n’avait pas pris part au deuxième tour de la présidentielle face au Président sortant Issoufou Mahamadou.
Incarcéré à la prison civile de Filingué, à quelque 200 kilomètres de Niamey, dans l’affaire dite de trafic des bébés du Nigeria, il n’avait pas bénéficié d’une liberté provisoire pour battre campagne. Il avait alors maintenu sa candidature, mais a demandé à ses partisans de ne pas se rendre aux urnes. Le candidat Issoufou avait alors été réélu avec plus de 92% de suffrages.
Mais l’opposition a refusé de reconnaître sa victoire.