Esma Ben Said
18 Mars 2016•Mise à jour: 18 Mars 2016
AA/Niamey/Boureima Balima
L’opposition nigérienne, qui soutient officiellement le candidat Hama Hamadou (actuellement hospitalisé à Paris) «ne reconnaitra pas les résultats» et «les institutions issues du second tour de la présidentielle et des élections législatives» prévues dimanche.
Réitérant «son boycott, du scrutin» qui opposera son candidat au président sortant Mahamadou Issoufou, la Coalition pour l'Alternance (Copa 2016-opposition nigérienne), a appelé, dans un communiqué, «tous ses militants, sympathisants ainsi que tous les citoyens épris de paix de justice à ne pas prendre part au scrutin».
La Coalition veut ainsi dénoncer «l'instrumentalisation et l’inféodation de la Commission électorale en charge des élections (Ceni) et de la Cour constitutionnelle (qui proclame les résultats) par le pouvoir exécutif», selon le texte diffusé jeudi soir et dont Anadolu a reçu copie.
«La Copa demande une transition politique afin de permettre d'organiser de nouvelles élections démocratiques, libres, légitimes et transparentes et honnêtes», a-t-elle ajouté dans le même document.
Accusant le pouvoir de «fraude» lors du premier tour de l'élection, le 21 février dernier, l'opposition nigérienne avait appelé, la semaine passée, au «boycott actif» du scrutin du 20 mars.
L'opposition reproche par ailleurs, l'emprisonnement «politique» depuis plus de quatre mois de son candidat Hama Amadou, ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée. Selon le pouvoir en revanche, Amadou, est accusé de trafic d’enfants dans un dossier de « droit commun ».
Le 2 mars, l'opposition avait réclamé la libération de l'opposant «afin qu'il puisse mener sa campagne et affronter en toute régularité» le président Issoufou.
La cour d'appel de Niamey, a indiqué, lundi, qu'elle se prononcera le 28 mars prochain au sujet d'une mise en liberté provisoire.
Amadou qui a mené sa campagne depuis sa cellule, a obtenu 17,79% des suffrages contre 48,41% pour le président sortant lors du premier tour de la présidentielle.
L'opposant nigérien, malade depuis plusieurs semaines, a été évacué, jeudi, vers Paris, pour bénéficier de soins, selon des sources proche du candidat.