Nadia Chahed
16 Avril 2020•Mise à jour: 16 Avril 2020
AA/Tunis
Les forces de sécurité nigérianes ont tué 18 personnes accusées de ne pas avoir respecté les mesures de confinement mises en place dans le pays pour enrayer l‘épidémie de coronavirus, selon un décompte de la commission nationale des droits de l’Homme relayé par les médias
La Commission a enregistré 105 actes de violations des droits de l’Homme "perpétrés par les forces de l’ordre" et "18 personnes tuées"dans des exécutions extra-judiciaires, selon un rapport publié mercredi soir cité par la chaîne d'information "Africanews".
Cet organe officiel de surveillance des droits de l’Homme accuse, en outre, les forces de sécurité d’un "usage disproportionné de la force, d’abus de pouvoir, de corruption et de non-respect des lois nationales et internationales", rapporte le même média.
Depuis le 31 mars, de nombreux Etats au Nigeria ont adopté des mesures de confinement, particulièrement strictes à Lagos, Abuja ou dans l’Etat d’Ogun, où la population a l’obligation de rester à la maison, sauf pour acheter de la nourriture un jour sur deux, rappelle la même source.
Des vidéos de violences policières postées sur les réseaux sociaux, où l’on voit des policiers détruire des étals de marché, ou encore tabasser la population ont fait scandale dans le pays, où les forces de sécurité sont régulièrement accusées d’abus de pouvoir et de corruption, souligne encore Africanews.
Le média panafricain rappelle enfin que le Nigeria compte le plus grand nombre de personnes vivant sous le seuil de l’extrême pauvreté au monde (plus de 87 millions en 2018), selon l’organisation World Poverty Clock, précisant que ces personnes dépendent de l‘économie informelle pour survivre.
A ce jour, 407 cas de Covid-19 dont 12 décès ont été enregistrés au Nigéria.