RDC / Ebola : la barre des 2000 cas dépassée
L’épidémie reste contenue dans deux provinces de la RDC, mais le risque de propagation reste « très élevé ».
Lassaad Ben Ahmed
04 Juin 2019•Mise à jour: 05 Juin 2019
Congo, The Democratic Republic of theAA / Kinshasa/ Pascal Mulegwa
La barre des 2.000 cas de fièvre hémorragique à Virus Ebola a été dépassée dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), dix mois après le début de l'épidémie, ont annoncé, mardi, les autorités sanitaires congolaises, faisant état de quelques "évolutions positives" ces dernières semaines "bien que la vigilance reste de mise".
Le ministère congolais de la Santé fait état, dans un communiqué, de 2.008 cas, "dont 1.914 confirmés et 94 probables. Au total, il y a eu 1.346 décès (1.252 confirmés et 94 probables) et 539 personnes guéries" depuis le début de l'épidémie le 1er août 2018.
L'épidémie touche les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri, voisine. L'autorité sanitaire note une "légère amélioration" de la situation sécuritaire dans cette région en proie aux attaques des groupes armés et rébellions étrangères.
"Bien que les menaces contre la riposte restent élevées, la réduction du nombre d’attaques ciblées a permis aux équipes de rattraper une partie de leur retard pour contenir la propagation de l’épidémie", explique le ministère de la Santé qui pilote la "riposte" avec l'OMS, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et quelques ONG.
La situation sécuritaire reste "instable et imprévisible", note la même source, affirmant que la majorité des incidents liés à la "réticence ou à la résistance communautaire", sont résolus grâce à l’implication des leaders communautaires, des sensibilisateurs et des experts psychosociaux.
Le ministère de la Santé et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) dénonçaient des "manipulations politiques" qui attisent l'hostilité contre le personnel médical dans les régions affectées, un facteur qui a aggravé l'épidémie au cours des six derniers mois.
Le ministère se réjouit, par ailleurs du "confinement géographique de l’épidémie" malgré les "difficultés des équipes de riposte à faire leur travail à cause de la situation sécuritaire".
L'épidémie d'Ebola reste contenue géographiquement dans les deux provinces, soit un bon signe pour le reste du pays et les pays voisins.
Dans la dernière note technique envoyée aux medias, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a indiqué que le risque de propagation au niveau national et régional de l'épidémie reste "très élevé".
A la date du 2 juin 2019, "neuf zones de santé, dont 106 aires de santé (soit 56% du total), ont passé plus de 21 jours sans notifier de nouveaux cas confirmés", affirme le ministère.
Les neuf zones de santé concernées sont Kyondo, Oicha, Kayna, Mutwanga, Komanda, Bunia, Rwampara, Nyankunde et Tchomia, dans les deux provinces.
La RDC a déjà été touchée neuf fois par Ebola depuis l'apparition du virus en 1976 dans sa partie ouest.
Avec 1 346 décès causés en 10 mois, l’actuelle épidémie de fièvre hémorragique Ebola est la deuxième plus grave, après celle qui a frappé l'Afrique de l’ouest en 2014 (plus de 11 000 morts).
Le virus Ebola, qui se transmet par contact physique avec des fluides corporels infectés et qui provoque une fièvre hémorragique, est fortement mortel.