Une ONG appelle au secours des réfugiés burundais en Tanzanie
La Tanzanie comptait, à elle seule, le 28 février de cette année, au moins 274 445 réfugiés burundais éparpillés dans trois camps
Lassaad Ben Ahmed
04 Juin 2019•Mise à jour: 04 Juin 2019
BurundiAA / Bujumbura / Yvan Rukundo
Le Forum pour le renforcement de la société civile (Forsc) a appelé la communauté internationale, le HCR en particulier, à secourir les réfugiés burundais en Tanzanie, dont le nombre se compte par centaines de milliers.
Le Forsc s’exprimait dans une déclaration écrite, publiée lundi et dont Anadolu a reçu une copie.
Rassemblant des centaines d’associations des droits de l’homme, ce forum se dit choqué par la violation des droits et libertés des réfugiés burundais en Tanzanie.
« Les attaques répétées d’hommes armés et les saisies d’armes à feu introduits dans les camps par des hommes en provenance du Burundi constituent une menace sérieuse à la sécurité des réfugiés burundais dans les camps en Tanzanie », dénonce-t-il.
Sans donner de chiffres exacts, ce forum ajoute qu’en plus de ces attaques, des cas de viols, des arrestations arbitraires, des actes de torture et de traitement inhumain et dégradant, des disparitions forcées, des cas de vols à main armée, sont fréquents dans les camps de réfugiés burundais en Tanzanie.
Cette organisation accuse, d’ailleurs, les autorités tanzaniennes de jouer la complicité avec Bujumbura en renforçant les mesures de pression en vue de contraindre ces réfugiés à rentrer de force dans leur pays d’origine.
« Dans leurs tentatives désespérées de fuir les camps vers le Kenya et le Rwanda, ils sont attrapés par la police tanzanienne comme des malfaiteurs à abattre, contraints à deux choix : rentrer au pays ou rester sur place et souffrir ! », déplore-t-il, faisant état de plus de 500.000 réfugiés burundais depuis avril 2015.
Pour rappel, cette date marque le début de la crise politico-sécuritaire dans laquelle est plongé le Burundi, suite à la 3ème candidature du président Nkurunziza contestée et jugée illégale par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Selon le Forum, la Tanzanie comptait, à elle seule, le 28 février dernier, au moins 274 445 réfugiés burundais éparpillés dans trois camps, à savoir, le camp de Nduta, le camp de Mutenderi et celui de Nyarugusu se trouvant respectivement dans les districts de Kibondo, Kankoko et Kasulu en province Kigoma (nord-ouest).
Pour déstabiliser ces réfugiés, le Forum parle d’infiltration. En effet, détaille-t-il, le 27 mai dernier, il affirme qu’une arme de type mitrailleuse et 200 cartouches ont été saisies dans les environs du camp de Nduta.
« Et la personne prise en fragrant délit de possession de ces armes a avoué être un agent du Service national de renseignement (SNR) burundais », justifie-t-il, évoquant aussi le cas du 24 mai, où un autre agent du SNR burundais a été attrapé en possession d’au moins 37 grenades qu’il tentait d’introduire dans ce camp.
La Tanzanie n’a pas encore réagi.
Ainsi, le Forsc exhorte le gouvernement tanzanien à respecter les libertés et les droits des réfugiés burundais.
A l’ONU, à l’UA et à la CEA, le forum leur demande d’évaluer, à juste titre, le calvaire vécu par ces réfugiés et trouver des solutions.
« Le silence face à la situation risque d’être complice », leur avertit-il, appelant la diaspora burundaise à manifester devant les ambassades tanzaniennes pour appeler ce pays au respect des droits des réfugiés.