Esma Ben Said
03 Mai 2018•Mise à jour: 03 Mai 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda a clôturé jeudi sa mission en République démocratique du Congo où elle a rencontré des opposants, membres de la société civile et autorités dont le président Joseph Kabila, a constaté le correspondant de Anadolu.
Lors d’un point de presse dans la capitale Kinshasa, la procureure dont la visite était sous-médiatisée a affirmé être venue pour "avoir plus d’informations sur les procédures nationales en cours", mais a rassuré que son bureau "ne va pas remplacer la justice congolaise ".
Au président Joseph Kabila rencontré mercredi, Bensouda a fait part de ses inquiétudes "quant à la situation critique et aux épisodes de violences rapportés en particulier à Kinshasa, Beni, dans les provinces des Kasaï et dans d’autres parties du territoire ".
Ces actes "pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la CPI", a- t-elle souligné.
"Nous continuons à suivre de près la situation de la RDC", a répétée la magistrate gambienne chargée d’enquêter et poursuivre les auteurs des pires atrocités dans le monde.
La veille, elle avait affirmé que la Cour "sera prête à se saisir des dossiers de violations des droits de l’homme" dans le pays si les autorités congolaises "ne prennent pas leurs responsabilités".
Bensouda a visité la RDC pendant une période de fortes tensions politiques à sept mois de l’élection présidentielle prévue le 23 décembre, de même que les législatives et provinciales.
L’Opposition rejette l’usage des machines de vote proposées par la Commission électorale et menace de recourir "aux gros moyens" si les élections déjà plusieurs fois retardées, sont à nouveau reportées.
La CPI a été crée en 2002. Certains pays africains ont dénoncé la multiplication des mandats d’arrêt contre des dirigeants africains, notamment le Soudanais el-Béchir ou le libyen Mouammar Kadhafi.
Le Burundi est jusque-là le seul des trois pays africains à avoir procédé à son retrait après les démarches entreprises en 2016 par le gouvernement.
Le retrait de l’Afrique du Sud a été révoqué en mars de l’an dernier par la justice du pays, tandis que le nouveau gouvernement de la Gambie a annulé en février la décision, prise par l’ancien président Yahya Jammeh.
Lors d’un sommet en 2017, l’Union africaine (UA) s’est fait la voix d’un retrait massif des pays africains de la Cour.
Cette question avait divisé les Etats africains dont le Nigeria et le Sénégal opposés à la démarche, précisant que le retrait de la CPI restait une décision souveraine.