Esma Ben Said
13 Juillet 2018•Mise à jour: 13 Juillet 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les cadres et militants du Mouvement de libération du Congo (MLC) réunis depuis jeudi en congrès à Kinshasa, ont investi, vendredi, l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba , candidat à l'élection présidentielle prévue le 23 décembre en République démocratique du Congo (RDC).
Ancien chef de guerre devenu vice-président puis sénateur, Bemba, aux arrêts depuis 2008, avait été condamné en première instance en 2016 à 18 ans de prison par la CPI pour une vague de meurtres, viols et pillages commis par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003 en Centrafrique.
A la surprise générale, la chambre d’appel de cette Cour basée à la Haye l’a acquitté après dix ans de détention. L’Opposant congolais doit de nouveau faire face à cette Cour qui le poursuit pour avoir suborné une dizaine de témoins dans l’affaire principale.
"Le Congrès a décidé d'investir monsieur le président national Jean-Pierre Bemba comme candidat à l'élection présidentielle de décembre", a déclaré Jean-Jacques Mamba rapporteur général du congrès.
Cette candidature doit être proposée à d'autres partis de l'Opposition en vue d'une "candidature commune", a précisé le parti demandant à Bemba de se rapprocher d'autres leaders de l'Opposition.
Les candidatures pour la présidentielle et législatives seront déposées du 25 juillet au 08 Août, selon le calendrier électoral.
Le parti de Bemba, acquitté en juin dernier par la cour pénale internationale (CPI) de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, a ouvert son congrès extraordinaire jeudi à Kinshasa et l'a clôturé vendredi.
"Je reviens bientôt" a déclaré Bemba s'exprimant au téléphone avec le congrès.
Le parti a tenté en vain, une liaison vidéo avec son leader qui séjourne en Belgique depuis son acquittement.
"Merci pour votre confiance", a ajouté Bemba perdant de la première présidentielle (2006) en RDC après plusieurs années de rébellion.
Deuxième grande force politique de l'Opposition après le parti de Tshisekedi (UDPS) , le MLC a rejeté l'usage de la machine à voter proposée par la Commission électorale pour les scrutins dans le pays.
De son côté, le parti présidentiel a affirmé, vendredi, qu'il n'excluait pas de présenter la candidature de Joseph Kabila pour la présidentielle du 23 décembre à laquelle la constitution lui interdit pourtant de se présenter.