Mohamed Hedi Abdellaoui
16 Décembre 2016•Mise à jour: 16 Décembre 2016
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
A moins de trois jours de la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila, le gouvernement congolais (RDC) a ordonné aux opérateurs d’internet et de téléphonie mobile de couper l’accès aux réseaux sociaux, a appris Anadolu, vendredi, auprès des parties concernées.
«Par la présente nous vous demandons de bien vouloir instruire à vos services techniques compétents de procéder au blocage momentané de tous les échanges d’images, de vidéos et de voix via réseaux », lit-on dans une correspondance signée par le responsable de l’Autorité de régularisation des outils de communication (ARTPC) et véhiculée par les réseaux sociaux.
L’instruction de l’autorité devrait entrer en application « à partir du 18 décembre 2016 à 23h59 minutes », à la veille de la fin de l’ultimatum fixé par l’opposition et interdisant à Joseph Kabila de se présenter pour un troisième mandat.
Contacté par Anadolu, le vice- Premier ministre et ministre des nouvelles technologies de l’information et de la communication (PT-NTIC), Thomas Luhaka Losendjola, a indiqué que son cabinet « n’est pas informé de cette mesure ».
Dans un communiqué adressé jeudi à sa clientèle, la société congolaise des postes et des télécommunications (SCPT) avait annoncé que « ses équipes techniques allient procéder à des travaux de maintenance sur son réseau de fibre optique à partir de ce vendredi 16 décembre ». Mercredi dernier, le gouvernement congolais a également suspendu le championnat de la Linafoot (Ligue nationale de football) pour un mois.
Pour sa part, l'Union Nationale de la Presse y a vu une "restriction de la liberté de la presse et d'expression", dans un communiqué rendu public vendredi.
Ces mesures de précaution ont été prises, à l’approche du 19 décembre, date fixée par l’opposition au président Joseph Kabila pour quitter le pouvoir.
A la tête de la RDC depuis 2001, Joseph Kabila a été en 2006 puis réélu en 2011 sur fond de contestations nationales et internationales. L’opposition le soupçonne de manoeuvrer, afin de briguer un troisième mandat anticonstitutionnel.
La RDC vit des moments difficiles et risque de sombrer dans les violences, si un large consensus politique ne serait atteint d’ici quelques heures entre le pouvoir et l’opposition, sous les bons offices des évêques de l’Eglise catholique réunis dans le cadre de la conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).
Faute de consensus, le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, plateforme regroupant la majeure partie de l’opposition congolaise prévoit des manifestations dans tout le pays pour pousser Kabila à respecter la Constitution.
Initialement prévue en novembre 2016 , l’élection présidentielle a été reportée à avril 2018, en vertu d’un accord issu du dialogue politique clôturé le 18 octobre dernier à Kinshasa, sous l’égide de l’union Africaine (UA), mais boycotté par la majeure partie de l’opposition et de la société civile.