Lassaad Ben Ahmed
14 Septembre 2017•Mise à jour: 14 Septembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a affirmé son intention de mettre en place un dispositif "efficace" pour enquêter sur le meurtre de deux experts qu’il avait missionnés en mars dernier, a rapporté le correspondant d'Anadolu.
Ce dispositif sera chargé d'enquêter également sur les violences sanglantes qui ravagent la région du Kasaï dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC).
"Nous sommes en train de faire des consultations […] pour mettre en place notre dispositif à nous. Nos collègues […] mènent les consultations nécessaires pour mettre en place un système en mesure d’être le plus efficace possible, pour que la vérité soit connue", a déclaré Antonio Guterres au cours d’une conférence de presse tenue à New-York mercredi soir.
La possibilité "la plus efficace", selon Guterres serait "l’intégration des experts indépendants à l’intérieur du système congolais". Au cas où l'enquête conjointe "ne marche pas", le SG de l’ONU a promis : "Nous prendrons notre initiative".
Se basant sur un procès ouvert depuis le 5 juin dernier dans la région du Kasaï par la justice militaire congolaise, Kinshasa a récemment réfuté la mise en place d'une enquête de l’ONU.
Par la suite, plusieurs membres du Conseil de sécurité, dont les Etats-Unis, la Suède et la France, ont réclamé de "faire toute la lumière" sur le double meurtre et d'avoir "plus d'investigations", et demandé à la RDC de coopérer "pleinement avec l'équipe d'experts internationaux".
L’Américain Michael Sharp et la suédoise Zaida Catalan enquêtaient sur les violences sanglantes qui ont déjà fait plus de 3 300 morts selon l’Eglise Catholique et forcé environ 1.4 million de personnes à fouir, selon l’ONU.
Leurs corps avaient été retrouvés deux semaines plus tard dans une fosse commune près d’une rivière. Trois congolais (dont un interprète et deux conducteurs) qui les accompagnaient avaient également été tués par les assaillants.
Le groupe d’experts de l’ONU affirmait dans un rapport publié en Août que l’assassinat des deux experts était un acte "prémédité", qui constitue une "attaque contre le Conseil de sécurité" et une violation "grave" du droit international humanitaire.
La radio France internationale (RFI) a affirmé, mercredi, sur son site que les deux experts ont été induits en erreur par une fausse traduction, la veille de leur mort par des agents doubles, dont un agent de la direction générale de migration.