Alioune Ndiaye
07 Juin 2026•Mise à jour: 07 Juin 2026
AA/ Dakar / Alioune Ndiaye
Ousmane Sonko, a été reconduit samedi à la tête du parti Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (Pastef- Les Patriotes) à l’unanimité des voix au tout premier congrès du parti ( 6 au 7 juin) au centre des expositions de Diamniadio.
1200 délégués en provenance de toutes les régions du pays et de la diaspora ont participé au congrès ayant enregistré la présence d’une quarantaine de délégations de partis étrangers invités à la rencontre.
« Cette confiance n’est ni un privilège ni un honneur personnel ; elle est une charge, une responsabilité de fidélité envers notre peuple, nos militants, nos martyrs, notre option panafricaniste et de solidarité internationale », a relevé Sonko dans son adresse aux congressistes et invités.
« Se battre pour arriver au pouvoir est une chose mais transformer fondamentalement l'état pour le libérer de ses configurations anciennes en est une autre », a-t-il assuré dans la lancée.
« Nous refusons deux impasses que sont le réformisme tiède qui administre les dépendances sans les combattre et le volontarisme autoritaire qui prétend parler au nom du peuple tout en l’éloignant », a-t-il évoqué, parlant d’un bloc populaire en construction pour matérialiser la souveraineté qui « ne se décrète pas ».
« Nous sommes réunis parce qu’une brèche historique s’est ouverte et qu’il nous revient désormais de décider ce que nous allons en faire », a encore noté le président de Pastef, allusion à la situation inédite que traverse le pays.
« Aucun projet de sabotage de cette révolution n’aboutira », a-t-il ainsi averti, affirmant que ce qui se joue dans le pays « ne relève pas que de considérations endogènes ».
Président de l’assemblée nationale après son limogeage de la primature suite à des divergences ouvertement manifestées avec le président de la république Bassirou Diomaye Faye dans la gestion des affaires publiques, Sonko entend ainsi utiliser tous les leviers dont dispose la majorité parlementaire qu'il dirige pour l’aboutissement de la révolution entamée au sortir de la présidentielle de 2024.
Six membres de Pastef ont intégré le nouveau gouvernement, voguant ainsi à contre sens de la directive du parti. Le président Diomaye Faye ainsi que ces derniers n’ont pas participé au congrès, confortant ainsi leur prise de distance avec la formation politique qui reste largement fidèle à Sonko dans ce bras de fer entre le président de la république et le président de l’assemblée nationale.