Alioune Ndiaye
26 Mai 2026•Mise à jour: 26 Mai 2026
Ousmane Sonko, président de Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) a été élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal mardi lors d’une plénière ayant en même temps acté son retour à l’hémicycle.
Tête de liste de Pastef lors des législatives de 2024, Sonko avait suspendu son mandat de député à cause de l'incompatibilité du poste avec la fonction de membre du gouvernement.
132 députés ont voté pour contre 1 abstention sur les 133 députés présents. Le parlement sénégalais compte 165 élus. Les députés de l’opposition et les non-alignés ont boycotté la plénière en guise de contestation du réintégration de Sonko au parlement qu’ils jugent illégale.
Le leader de Pastef succède à El Malick Ndiaye qui avait démissionné dimanche du poste dans un climat de divergences entre le chef de l’état Bassirou Diomaye Faye et son premier ministre Sonko, finalement limogé vendredi.
Ahmadou Al Aminou Lô, ministre auprès du président de la République chargé du suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 dans le gouvernement sortant, a été nommé lundi en remplacement de Sonko.
Lors de son discours après son installation, le nouveau président de l’assemblée nationale a salué la nomination de Lô. « Je peux témoigner que c’est un travailleur acharné, un homme compétent et dévoué », a-t-il dit de son successeur à la primature.
Pour autant, il a regretté la mise à l’écart de son parti dans les consultations pour la formation d’un nouveau gouvernement. « Un gouvernement se forme normalement avec la formation majoritaire dans un pays. Notre formation politique n’a pas été associée aux consultations ayant conduit à la nomination d’un premier ministre. Elle n’est pas associée à ce jour aux consultations pour la formation d’un nouveau gouvernement », a-t-il dit.
« La seule référence du socle Pastef dans un discours ne confère pas légitimité du parti Pastef », a encore expliqué Sonko, allusion au nouveau Pm qui avait assuré dans son discours se baser sur Pastef pour conduire son action à la tête du gouvernement.
« Je voudrais dire qu’on ne peut pas faire du Pastef sans Pastef », a ainsi déclaré, le ton ferme, Ousmane Sonko, assurant que le parti reste ouvert à « une discussion responsable pour trouver les voies et moyens d’une gouvernance apaisée ».