AA/ Moroni/ Ahmed Dini Combo
Sept personnes ont été blessées, dont deux grièvement, lors des heurts qui ont éclaté lundi entre des manifestants et forces de l’ordre dans certaines régions de la Grande-Comores, selon un communiqué de l’état-major de l’Armée nationale de développement, rendu public mardi.
Une autre source sécuritaire qui a requis l’anonymat a fait état de neuf blessés, dont quatre grièvement.
Le même document de l’armée comorienne signale, en outre, que depuis lundi des manifestants mécontents des délestages et des pénuries d’eau, «empêchent la circulation régulière de la population par les barricades des routes ou pas des menaces contre ceux qui veulent exercer leur droit élémentaire : circuler librement, essentiellement dans la ville de Mitsoudjé, relevant de la région de Hambou dans le Sud de l'Ile.
Le communiqué de l’état-major confirme, par ailleurs, que les locaux de la brigade territoriale de Mitsoudjé ont été saccagés et que le véhicule de Mme la procureure de la République a été incendié lors des heurts, lundi.
L’état-major note du reste qu’une enquête de commandement a été ordonnée, en vue de déterminer les responsabilités de chacun.
De nombreux citoyens ont manifesté lundi contre les délestages et les pénuries d’eau, à l’appel du Mouvement citoyen pour l’énergie et l’l’eau dont le leader, Mohamed Said Abdallah Mchangama, a été arrêté dimanche soir pour «avoir porté atteinte à l'ordre public lors de déclarations aux médias», d’après une source sécuritaire.
Le ministère de l'intérieur, avait appelé, dimanche soir, à travers une déclaration publique, à respecter la « libre circulation des biens et des personnes », lors de la grève générale.
Moroni la capitale a été partiellement affectée par la grève générale. Commerces et écoles ont, en effet, été fermés pour la majorité d'entre eux, selon des témoins oculaires.
A Mitsoujé, le mouvement de protestation était très suivi comme dans plusieurs autres régions du Sud. Quelques heurts entre la population et la police, ont été enregistrés, selon d'autres témoignages recueillis par Anadolu.
Mardi, un calme précaire régnait à Moroni et dans le reste des régions qui ont été embrasées lundi, selon des témoins.
Les engagements pris par le gouvernement suite à la journée île morte du 29 octobre (la première du genre), n’étaient pas respectés, selon le Mouvement citoyen pour l’énergie et l’eau. Ce dernier a, par conséquent, décidé d’une action « Île Morte » de 3 jours les 9,10 et 11 février.
Lors des discussions de novembre, il était entendu que le gouvernement, actionnaire unique de la société, veillerait à ce que la Mamwe (la Société comorienne de l'eau et de l'électricité) mette de l’ordre dans sa gestion.
La semaine passée, le président de la Banque Africaine de Developpement (BAD), Donald Kaberuka s'était rendu pour la première fois, pendant 48 heures aux Comores, dans le cadre d'un appui au secteur de l’énergie aux Comores, via le Projet "Pasec", pour un montant de 20,7 millions de dollars, selon le site de la Banque. Cette aide doit permettre la réhabilitation prochaine du réseau électrique assez vétuste, datant des années 70.