AA/ Comores/ MA
Le leader du mouvement citoyen pour l’Energie et l’Eau (Madji Na Mwendje - MNM) et président de la fédération des consommateurs (FCC), Mohamed Said Abdallah Mchangama, arrêté dimanche par les forces de l’ordre, a été libéré mercredi soir, a appris jeudi Anadolu de l’intéressé.
L’activiste des droits de l’homme arrêté « pour avoir porté atteinte à l'ordre public lors de déclarations aux médias » selon la version officielle, avait appelé dimanche dernier à suivre l'opération «Ile morte», contre les délestages et les pénuries d’eau, lancée par le MNM.
«C’était une arrestation arbitraire. Le gouvernement n’a jamais pu justifier quoi que ce soit. On m’a retenu pendant trois jours avec des accusations qui changent chaque jour : atteinte à l’ordre public, entrave de la circulation, tentative d’incendie, etc. Je tiens à remercier la population et les organisations du MNM pour leur mobilisation en faveur de ma libération », a-t-il déclaré à Anadolu.
Faisant part de sa détermination à plaider pour le droit des Comoriens à des conditions de vie « décentes », il a affirmé : « Nous allons reprendre le dialogue avec le gouvernement pour une meilleure fourniture d’électricicité, surtout que les financements sont là, la Banque Africaine de Développement « BAD » et la Banque Mondiale s’y sont investies. »
Moroni la capitale, avait été, lundi, partiellement affectée par l'opération «Ile morte». Commerces et écoles ont été fermés pour la majorité d'entre eux, quelques taxis y circulaient, selon des témoins joints sur place.
En revanche, à Misoujé, localité du sud de l'île, le mouvement était très suivi comme dans plusieurs autres régions du Sud. Quelques heurts entre la population et la police, ont par ailleurs été enregistrés, selon d'autres témoignages recueillis par Anadolu.
Lors des discussions de novembre, il était entendu que « le gouvernement, actionnaire unique de la société, veillerait à ce que la Mamwe (la société comorienne de l'eau et de l'électricité) mette de l’ordre dans sa gestion. C’est maintenant que le gouvernement doit appuyer la société, en coopérant étroitement avec l’assistance technique pour le redressement », selon un communiqué officiel.
Mais, aucune amélioration n’ depuis été enregistrée en matière de fourniture d’électricité, d’où la colère de la population.
Le président de la Banque Africaine de Developpement (BAD), Donald Kaberuka s'était récemment déplacé pour la première fois, pendant 48 heures aux Comores.
La BAD appui le secteur de l’énergie aux Comoresdans le cadre du Projet "Pasec", pour un montant de 20,7 millions de dollars, selon le site de la Banque. Cette aide doit permettre la réhabilitation prochaine du réseau électrique assez vétuste, datant des années 70.