AA/ Fulgence Niyonagize/ Kigali
Le procès du célèbre chanteur et compositeur rwandais Kizito Mihigo, rescapé du génocide et accusé entre autre de « conspiration » contre le gouvernement, a été reporté au 10 octobre prochain, sur décision du procureur Nkusi Faustin, a appris vendredi Anadolu.
Mihigo et ses trois co-accusés Cassien Ntamuhanga, Agnès Niyibizi et Jean Paul Dukuzumuremyi, ont déclaré au Tribunal de Kigali ne pas s’être « suffisamment préparés » pour le procès.
Accusés tous les quatre de « formation d’une association de malfaiteurs », de « conspiration », de complicité de terrorisme et d’« infraction contre le pouvoir établi ou le président de la République », les concernés ont affirmé avoir reçu tard dans la journée de jeudi « la seconde partie de leur dossier ».
« Nous n’avons pas pu le lire », ont-ils tous déclaré.
« Je l’ai feuilleté et je n’ai rien pu découvrir de nouveau qui puisse m’empêcher de comparaitre » a indiqué pour sa part le chanteur, précisant toutefois que si ses co-accusés ne l’ont pas lu, il ne peut pas les forcer à accepter d’être jugé.
Un avis partagé par le procureur de la République pour qui « il est vrai que les accusés ne peuvent démarrer leur procès sans avoir pris complètement connaissance de leur dossier ».
Pour Ntamuhanga, l'absence d'avocat est aussi une raison d'ajourner le procès. "Je n'ai pu trouver aucun avocat et ceux que j'ai contacté étaient trop chers" a-t-il justifié.
Le barreau de Kigali devra donc se charger de trouver un avocat pour le 10 octobre a confirmé le procureur.
Lors d’aveux face à la presse et d’audiences préalables à son procès en avril dernier, le très populaire Mihigo avait admis avoir eu des conversations via internet avec des membres de l’opposition, dans lesquelles il critiquait fortement le gouvernement rwandais.
Mihigo et ses trois co-accusés sont détenus depuis avril, en attendant leur procès et risquent la perpétuité s'ils sont reconnus coupables.