AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le produit intérieur brut (PIB) en France a affiché une croissance nulle au deuxième trimestre 2015, a annoncé vendredi l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
La stabilité du PIB au deuxième trimestre, après une modeste croissance au premier trimestre 2015 (0,7%) est liée, selon l'Insee, à la forte décélération de la demande intérieure en France. En effet, les dépenses de consommation des ménages ont sensiblement ralenti entre avril et juin, passant de 0,9% à 0,1%. L'investissement des entreprises a continué à négativement contribuer à la demande intérieure finale, avec un taux de –1,6 % après –1,1 %.
La production de biens et services plonge dans le rouge au deuxième trimestre (-0,1%), suite à un léger redressement dans les trois premiers mois de l'année (0,8%).
Le solde extérieur a, de sa part, positivement contribué à la croissance, avec l'accélération des exportations (1,7 % après 1,3 %) et la baisse des importations (0,6 % après 2,2 %), selon l'Insee.
La croissance économique, dans son ensemble, a ainsi maintenu sa tendance stable depuis 2012. L’"acquis de croissance" pour 2015 devrait être de l'ordre de 0,8%, a estimé l'Institut français de la statistique.
La reprise économique est "bel et bien engagée en France", a affirmé de son côté, Michel Sapin, ministre français des Finances, à l'issue de la publication des résultats de l'Insee. Dans sa tribune parue au Monde, Sapin a reconnu que les chiffres s'annoncent "décevants à première vue", notamment après un premier trimestre "très dynamique".
L'objectif d'une croissance de l'ordre de 1% en 2015 pourrait tout de même être maintenu, selon le ministre français, rappelant que l'acquis de croissance atteint 0,8% à mi-année.
Souhaitant rester "prudent", Sapin a par ailleurs tenu à souligner que la reprise économique n'est pas "encore assez forte pour faire reculer le chômage".