Murat Temizer,Tuncay Çakmak
04 mai 2016•Mise à jour: 05 mai 2016
AA - Ankara
Mikhail Krutikhin, analyste au sein de la société russe RusEnergy, estime que le projet de gazoduc «North-Stream 2» n’aura pas de conséquences sur la volonté des Européens d’importer du gaz naturel via la Turquie ou sur les autres projets régionaux.
North-Stream 2, dont le principal soutien est l’Allemagne, fait à nouveau l’objet de débats, des voix dissonantes s'étant élevées en Allemagne contre le projet.
Krutikhin a commenté pour l’Agence Anadolu la récente intervention de Manfred Weber, leader du Parti Populaire Européen (EPP), proche d’Angela Merkel, auprès de la Commission Européenne contre le projet de gazoduc.
Selon lui, le positionnement de Weber contre le projet n’influencera pas le gouvernement allemand ou la société allemande associée à North-Stream 2.
«Les Européens attendent de Gazprom qu’il établisse une nouvelle tarification du gaz, c’est ce que souhaite aussi le gouvernement de Merkel», a-t-il expliqué.
Pour Krutikhin, les pays qui s’opposent à ce projet de gazoduc n’ont aucun autre argument que celui d’apporter un soutien «sentimental» à l’Ukraine face à la Russie.
En réponse à la proposition de Weber de privilégier et d’augmenter la quantité de gaz iranien et irakien importé via la Turquie, l’analyste russe estime que North-Stream 2 n’aura aucune conséquence sur cette possibilité.
«Le projet North-Stream 2 n’aura pas de conséquences sur la volonté des Européens d’importer du gaz naturel via la Turquie ou sur les autres projets régionaux. Un gazoduc passant par les pays baltes ne pourra pas remplacer d'autres parcourant l'Ukraine, la Roumanie et la Bulgarie, et la Turquie, la Grèce et l’Italie», a-t-il affirmé.