AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Les multinationales sont impliquées dans une grande part des affaires de corruption à l'échelle internationale, qui se déroulent à la discrétion des cadres de ces entreprises, a révélé le dernier rapport de l'Organisation de coopération et de développement (OCDE).
L'OCDE a publié, mardi, son rapport sur la corruption transnationale, illustré par plus de 400 affaires de corruption impliquant des personnes morales ou physiques dans 41 pays ayant signé la Convention anticorruption de l’OCDE.
Les pots de vin versés dans ces pays ont représenté en moyenne 10,9% de la valeur totale des transactions et 34,5% des bénéfices découlant de celles-ci, a dévoilé le rapport. Ces chiffres ''ne constituent que le sommet de l’iceberg'', selon l’OCDE.
Les pots de vin sont essentiellement octroyés aux agents des entreprises publiques en vue de remporter des contrats et ce phénomène est plus répandu dans les pays avancés que dans les pays en voie de développement.
Plus de la moitié des cas sont survenus dans quatre secteurs uniquement: les industries extractives (19% des cas), la construction (15%), le transport (15%) et la communication (10%).
Les pots de vin ont été promis, offerts ou octroyés à des membres des entreprises détenues par l'Etat (27% des cas), suivis des agents des douanes (11%), des agents d’organismes de santé publique (7%) et de la défense (dans 6 % des cas).
Un chef d’État ou ministre sur vingt a accepté des pots de vin, percevant pourtant 11 % du total des pots de vin versés.
L'objectif principal des pots-de-vin serait de remporter des marchés publics (57% des cas), suivi par le but de faciliter les procédures douanières (12%) et de recevoir un traitement fiscal favorable (6%).
Parmi les 427 affaires de corruption détectées par l'OCDE, les Etats-Unis avec 128 cas arrivent en tête du classement tandis que l’Allemagne arrive au deuxième rang avec 26 cas.
Le Secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria a noté que les affaires de corruption causent des dégâts importants pour la croissance économique et le développement et a plaidé pour la sanction des personnes impliquées dans les pays membres.