AA - Vienne - Bilal Muftuoglu
''L'Europe ne peut pas se passer du gaz russe'', a affirmé Gerhard Roiss, le président de la société d'énergie autrichienne OMV faisant allusion à la décision du président russe Vladimir Poutine de dévier le gazoduc South Stream.
S'exprimant à la chaîne publique autrichienne ORF, Roiss a déploré la déviation du gazoduc de la Bulgarie vers la Turquie, la qualifiant d'une ''décision triste pour l'Europe''.
''L'Europe a besoin du gaz russe, a insisté Roiss. Le vrai problème, c'est la dépendance à un seul fournisseur et l'existence d'un seul gazoduc qui traverse l'Ukraine.''
Le ministre autrichien Reinhold Mitterlehner a noté que la récente décision de Poutine n'est pas très claire et qu'ils ont besoin de davantage de renseignements officiels pour évaluer les conséquences de l'annulation du South Stream.
La Russie et l'Autriche avaient signé, le 24 juin 2014, lors de la visite de Poutine à Vienne, un accord qui prévoyait la construction d'un gazoduc transportant 32 milliards de mètres cubes de gaz naturel dans le cadre du projet de South Stream. Le gazoduc devait devenir pleinement opérationnel d'ici 2018.
Poutine avait affirmé que l'Autriche serait le centre de distribution du gaz russe vers le reste de l'Europe tandis que le président autrichien Heinz Fischer avait souligné la nécessité de l'accord de l'Union européenne (UE) qui s'opposait alors au projet.
Le South Stream visait initialement l'acheminement du gaz russe vers l'Europe à travers la Mer noire et la Bulgarie. L'UE s'oppose au projet du fait qu'il risque d'augmenter la dépendance du continent à la Russie.