AA / Séoul (Corée du Sud) / Alex Jensen
Une fuite de gaz toxique aurait, vendredi, coûté la vie à trois ouvriers dans un site de construction de réacteurs nucléaires en Corée du Sud, malgré l’état de vigilance élevé dans lequel se trouve le pays à la suite des menaces de terrorisme nucléaire.
D’après un responsable de la compagnie nucléaire publique «Korea Hydro and Nuclear Power », cité par l’agence de presse officielle Yohap, de l’azote gazeux aurait fui d’un câble sous-terrain.
L’incident a eu lieu dans le site de construction du réacteur nucléaire « New Gori N°3 », situé dans la ville méridionale d’Ulsan. Les travaux sont sur le point de s'achever, en avance sur sa date de lancement prévue au mois de juin.
Les centrales nucléaires de Gori et de Wolsong, situées à proximité, ont fait l’objet d’une grande attention, ces derniers jours, après la publication d’un message anonyme sur Twitter menaçant le pays de graves représailles si certains réacteurs nucléaires n’étaient pas fermés.
Un hacker [pirate informatique] affirmant être le président d’un groupe opposé au nucléaire, basé à Hawaï (Etats-Unis), avait menacé, dimanche, à travers Twitter, de mener une « seconde vague de destruction », après avoir exposé des cartes et des informations sur les installations nucléaires du Sud-est de la Corée du Sud.
Un de ses derniers messages, qu’il a commencé à publier depuis la semaine précédente, a également averti les personnes habitant près des centrales nucléaires en question de garder leur distance des installations, ces prochains mois.
Tout en reconnaissant que les documents ayant fait l'objet d'une fuite sont bien ceux des centrales nucléaires de Gori et Wolsong, le vice-ministre de l’Energie, Lee Kwan-sup, avait alors minimisé les risques et souligné que ces informations étaient déjà disponibles publiquement.
Le ministre sud-coréen de l’Energie, Yoon Sang-jik, a, pour sa part, passé la veillée de Noël à Gori et affirmé aux habitants que le gouvernement œuvrait à leur sécurité.
Malgré les appels répétés de Séoul au calme, une enquête officielle a indiqué, cette semaine, la possibilité qu’une équipe clandestine de hackers nord-coréens, résidant en Chine, puisse être à l’origine de la publication des documents.
Les Etats-Unis disent être arrivés à la même conclusion concernant le récent piratage informatique de la société américaine, Sony Pictures Entertainment, qui a failli provoqué l’abandon de la projection d’un film américain controversé sur le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, nommé « The interview ».