Bilal Müftüoğlu
07 Décembre 2015•Mise à jour: 07 Décembre 2015
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le "front républicain" du Parti socialiste (PS) et des Républicains (LR) risque d'être impuissant face à la percée du Front national (FN) qui est devenu majoritaire dans six régions en France, lors des élections régionales du 6 décembre.
Les deux partis traditionnels du pouvoir en France ne parviennent pas à trouver une stratégie commune pour empêcher que le FN gagne plusieurs régions au second tour du 13 décembre, qui pourrait être un succès inédit dans l'histoire du parti d'extrême-droite.
Le parti de Marine Le Pen a notamment remporté Nord-Pas-de-Calais avec 40,3% des voix où Le Pen elle-même est tête de liste. Il est aussi le premier parti dans Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, Bourgogne-Franche-Comté, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte d'Azur et dans Centre-Val de Loire.
Nicolas Sarkozy, ancien président de la République et président des Républicains, s'est montré hostile à l'idée d'une fusion avec le PS, aussitôt après l'annonce des résultats.
"La seule attitude à adopter pour nos candidats, dans toutes les régions, est de respecter les Français en proposant une alternance claire. Demain, lors du bureau politique, je proposerai de refuser toute fusion ou retrait de liste", avait alors déclaré Sarkozy dimanche soir.
"Il n'y aura pas de combine, pas de négociation, simplement notre liste, nos idées, nos candidats et nos valeurs", a-t-il renchéri dans un message lundi matin sur son compte Twitter.
Le PS, actuellement au pouvoir et arrivé en troisième place aux élections, a pourtant décidé de retirer ses listes dans Nord-Pas-de-Calais et Provence-Alpes-Côte d'Azur où le score du FN frôle 40% et le deuxième parti, les Républicains en l'occurrence, obtient à peine entre 26% et 28% des voix.
Le parti de François Hollande a aussi voulu retirer sa liste dans Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, pourtant Jean-Pierre Masseret, tête de liste du PS dans la région a refusé d'y obéir estimant qu'il ne peut pas "laisser 5,5 millions d'habitants gérés entre une droite qui est partie à l'extrême ou l'extrême droite nationaliste".
S'exprimant lundi matin sur la radio RTL, Jean-Christophe Cambadélis, Secrétaire général du PS, a réitéré le souhait de son parti de retirer la liste, notant toutefois qu'ils ne sont pas "à la recherche d'une fusion".
"Quand on se retire ce n'est pas pour bouder, c'est pour gagner. Nous appelons l'ensemble des électeurs a faire barrage au FN", a-t-il ainsi estimé.
Le taux de participation jouera aussi un rôle très important au second tour des élections dès lors que près de la moitié des électeurs ont boudé les urnes le 6 décembre. En effet, seulement 49,88% des Français se sont rendus aux urnes, ce qui constitue néanmoins une légère hausse par rapport aux dernières élections régionales de 2010 (46,33%).
A cet égard, les Républicains et le PS ont adopté le même ton, appelant les Français à se rendre aux urnes au second tour des élections. "L’abstention reste le premier parti de France malgré une baisse notable", a regretté Cambadélis, estimant que cette abstention "élevée" doit "faire réfléchir les partis" et "interroger les citoyens".
Sarkozy a aussi appelé "tous les Français à se mobiliser" alors que Nathalie Kosciusko-Morazet, vice-présidente des Républicains, a insisté sur le fait que "tout doit être fait pour qu'il n'y ait pas un président FN".