Nadia Chahed
08 Septembre 2018•Mise à jour: 08 Septembre 2018
AA/Tunis
L’idée de prélever une taxe sur les produits alimentaires halal est de nouveau à l’ordre du jour en France.
Un rapport sur cette taxe devrait, effectivement, être publié dimanche, selon des médias locaux.
Rappelant que la "taxe halal" avait été avancée depuis 1994 par Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur, le quotidien français "le parisien" indique que cette question revient sur le devant de la scène grâce à un rapport, qui doit être publié dimanche soir par l’Institut Montaigne, un think-tank libéral.
"Ce dernier recommande, entre autres suggestions, de prélever une contribution sur les produits issus de l’abattage rituel, afin de financer les constructions de mosquées et limiter ainsi les fonds en provenance de l’étrange", précise le média français.
Le document, dévoilé vendredi par Europe 1, a été rédigé par Hakim El Karaoui, entrepreneur et essayiste proche d’Emmanuel Macron, qui a annoncé, pour l’automne, une réorganisation de l’islam de France, indique la même source.
Et de souligner que "le rapport propose que la taxe halal soit pilotée par un nouvel organisme chargé de financer le culte de la deuxième religion dans notre pays, une structure appelée Association musulmane pour l’islam de France".
Revenant sur le non aboutissement de cette mesure, préconisée pourtant depuis longtemps, le Parisien indique que ceci incombe à l'opacité de ce marché.
"Le marché hexagonal du halal, en plein essor mais toujours très opaque, est extrêmement complexe. Il n’existe pas un label unique, mais une multitude de normes. Trois mosquées-celles de Paris, Evry et Lyon- sont habilitées à désigner des sacrificateurs dans les abattoirs dont les pratiques sont contrôlées par une multitude d’agences indépendantes de certification", explique le quotidien français.
"D’un organisme à l’autre, les critères ne sont pas les mêmes, notamment en ce qui concerne l’étourdissement de l’animal", indique Abbas Bendali, à la tête de Solis, cabinet spécialiste du marché halal en France, cité par le Parisien. Un secteur qu’il évalue à "5,5 milliards d’euros".
Pour que le chantier d’une redevance halal puisse se concrétiser, il faudrait donc que les représentants de l’islam de France uniformisent les règles, estime le média français.
Au Conseil français du culte musulman (CFCM), on n’est pas opposé à une taxe halal à condition que cette "piste" ne soit pas "ordonnée" par l’Etat, indique la même source.
"On est dans un pays laïc. Il ne peut y avoir d’ingérence. Le halal, c’est cultuel, ce sont aux autorités musulmanes d’en définir les règles" , martèle Ahmet Ogras, président du CFCM, cité par le Parisien.