Hamdi Yıldız,Zeynep Tüfekçi
06 Juin 2018•Mise à jour: 06 Juin 2018
AA/Gaza
La Palestine est désormais orpheline de son «Ange de la Miséricorde»: Razan al-Najar, infirmière palestinienne de 21 ans, abattue, vendredi, par des tireurs d’élite israéliens alors qu'elle venait en aide à un Palestinien blessé dans la ville de Khan Younis dans la Bande de Gaza.
Depuis les manifestations de la Grande Marche (30 mars), la jeune infirmière risquait, chaque jour, sa vie pour venir au secours des blessés et ce, jusqu’à ce qu’elle soit ciblée par un sniper israélien.
Dans une interview accordée à Anadolu (AA), la mère de la jeune martyr, Sabrin al-Najar, a raconté avoir passé toute la nuit à pleurer la mort de sa fille en enlaçant la blouse blanche tachée de son ange, symbole de courage et d’héroïsme.
«Ma fille avait beaucoup insisté pour participer aux opérations d'aide de premiers secours, a-t-elle déclaré. Chaque soir, elle rentrait avec sa blouse pleine de sang, mais ne se plaignait jamais. 'Ce sont les sangs les plus purs du monde' disait-elle. Elle était une vraie humaniste. Elle achetait du matériel médical avec ses économies et était expérimentée en matière de soins. Razan n’a pas eu l’opportunité de recevoir une formation universitaire mais elle a toujours rêvé de travailler dans ce domaine et d'étudier à l’université».
La mère qui se dit consciente du fait que les soldats israéliens sont sans pitié, a raconté qu’elle avertissait toujours sa fille afin qu’elle soit prudente.
«J’ai vécu un choc lorsque j’ai appris qu’elle était tombée en martyr, a poursuivi Sabrin al-Najar. Je n'arrive toujours pas à y croire. C'est comme si elle allait revenir à tout moment. Les soldats israéliens ont commis un homicide volontaire. Ennemi de l'humanité, Israël, n'a manifesté aucune pitié à son égard. Je vais réclamer justice dans les tribunaux internationaux. Je ne vais pas sombrer dans le silence».
Maya Abou Moustapha (23), amie de Razan, a partagé qu’elles travaillaient ensemble afin de secourir les blessés avant qu’elle ne soit abattue.
«Les forces d'occupation lançaient des bombes lacrymogènes et utilisaient des balles réelles, a fait savoir Moustapha. Nous avons mis les mains en l'air. Nous portions nos blouses blanches. Néanmoins, une balle a transpercé le corps de Razan.»
Par ailleurs, une Palestinienne blessée lors des manifestations à la frontière de Gaza et qui a survécu grâce aux premiers soins prodigués par Razan, a qualifié le décès de «l’Ange de la Miséricorde» comme une «grande catastrophe».
Indiquant avoir participé aux funérailles de Razan, la Palestinienne a affirmé que la défunte était parmi eux depuis le premier jour.
«Elle était comme une hirondelle qui volait d'un endroit à l'autre, a-t-elle tristement évoqué. Elle a été la première à intervenir quand j'ai été blessée.»
Selon les témoignages locaux, Razan, âgée de 21 ans, a été volontairement abattue par les forces israéliennes et ce, malgré le fait qu’elle portait sa blouse blanche.
La persévérance de cette jeune fille quant à son ambition à porter les premiers soins aux blessés est sans aucun doute digne d’admiration.
Razan, appréciée de tous sur le terrain, avait déclaré dans une interview accordée, courant avril à Anadolu (AA), qu’elle faisait ce travail de façon bénévole et sans aucune contrepartie financière.
Elle avait également raconté qu’elle achetait du matériel médical avec ses propres économies.
Au cours de ses nombreuses interventions, Razzan, qui s’est retrouvée plusieurs fois sous les tirs de grenades lacrymogènes, a aussi été blessée à maintes reprises par des capsules de gaz.
Mais tout cela n’a pas empêché la courageuse infirmière de retourner dans la zone et d’aider les blessés jusqu’à ce qu’elle tombe en martyr.