Mounir Bennour
25 Janvier 2021•Mise à jour: 25 Janvier 2021
AA / Beyrouth
Riad Salamé, le gouverneur de la Banque centrale du Liban, a déclaré que les chiffres circulant dans les médias sont « très exagérés et n'ont aucun rapport avec la réalité », faisant référence à des sommes qu'il était accusé d'avoir transféré à l'étranger.
Les banques libanaises imposent de sévères restrictions aux retraits de dépôts bancaires, en particulier ceux en dollars, et ce, dans le cadre d'une crise économique et sociale qui a conduit au déclenchement de manifestations populaires généralisées en octobre 2019.
Salamé a déclaré dans un communiqué de presse aujourd'hui que ce qui est publié sur les médias et certaines plateformes de médias sociaux, « vise de manière systématique à frapper l'image de la Banque centrale et de son dirigeant ».
Cette déclaration survient à une semaine de l'annonce du bureau des médias de la ministre de la Justice, Marie-Claude Negm, qui a déclaré avoir reçu une demande de coopération judiciaire de la part des autorités judiciaires suisses concernant des transferts auxquels le nom de Salamé était associé.
Dans son communiqué d'aujourd'hui, Salamé n'a pas donné de chiffres concernant sa participation aux transferts financiers à l'étranger.
Il a fait savoir que : « Le dossier est désormais entre les mains de la justice libanaise et suisse (...) la logique du mensonge pour que quelque chose reste dans l'esprit des gens, ne peut pas réussir ».
Selon les médias locaux, la correspondance judiciaire suisse a évoqué des transferts d'une valeur de 400 millions de dollars, appartenant à Salamé, son frère, son assistante, et des institutions affiliées à la Banque centrale.
Depuis plus d'un an, le Liban traverse une grave crise économique, la pire de son histoire depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), qui a conduit à un effondrement financier, ainsi qu'à d'importantes pertes économiques subies par la Banque centrale.
Selon les données du Fonds monétaire international, le produit intérieur brut, qui a atteint 53 milliards de dollars en 2019, devrait baisser de manière sans précédent pour atteindre les 18 milliards de dollars d'ici la fin de 2020 (les chiffres n'ont pas encore été annoncés).
*Traduit de l'arabe par Mounir Bennour.