Narges Rezai,Mustafa Melih Ahıshalı,Tuncay Çakmak
01 Janvier 2018•Mise à jour: 01 Janvier 2018
AA - Istanbul - Tuncay Çakmak
Le Président iranien, Hassan Rohani, a invité "les jeunes et le peuple à rester vigilants alors que le pays et la région traversent une période très sensible".
Le Chef de l’Etat iranien s’est exprimé, dimanche, pour la première fois depuis le début des manifestations qui ont éclaté jeudi dans le pays.
Rohani a fait une déclaration aux journalistes après la réunion de son cabinet, convoqué pour discuter des manifestations et violences qui secouent le pays.
Il a appelé la population à être vigilante face aux "provocations".
"Comme le prévoit les lois et la constitution, nos citoyens sont libres de critiquer et de s’opposer. Ces critiques doivent se faire de telle sorte qu’à la fin, le pays et les citoyens en sortent gagnants", a-t-il déclaré.
Pour le président iranien, les revendications économiques des manifestants concernent des difficultés économiques dont une partie est héritée du passée et une autre partie concerne les évolutions récentes.
"La contestation populaire ne doit pas avoir de conséquences négatives pour le pays. Il faut éviter que le pays se retrouve dans une situation qui serait bénéfique pour les ennemis de notre nation. Alors que la région et le pays traversent une période très sensible, les jeunes et le peuple doivent rester vigilants", a-t-il dit.
"L’état et le peuple doivent s’entraider. Le mécontentement du peuple ne concerne pas seulement l’économie. La corruption et la transparence sont d’autres points que le peuple veut voir réglés. Notre gouvernement travaille pour la création de nouveaux emplois. Malheureusement, depuis 5-6 ans, le pouvoir d’achat de notre peuple ne s’est pas amélioré", a poursuivi le président Rohani.
Faisant référence aux autres enjeux auxquels est confronté l’Iran, comme la pollution, le chômage ou encore les questions sociales et politiques, Rohani a souligné l’importance de lutter contre la corruption et de permettre au peuple de contrôler les actions du gouvernement. "Mais avec quels outils ?", a-t-il noté.
Jeudi dernier, des manifestations ont éclaté dans les villes de Mechhed et du Cachemire dans le nord-est du pays pour protester contre le coût élevé de la vie, avant de s'étendre par la suite à plusieurs régions.
Deux manifestants ont trouvé la mort dans l'ouest du pays et des dizaines ont été arrêtés, selon les médias.