Ata Ufuk Şeker,Ayşe Betül Gedikoğlu
13 Septembre 2019•Mise à jour: 13 Septembre 2019
AA - Bruxelles
"Nous ne devons pas agir de manière sélective dans notre approche de la lutte anti-terroriste", a déclaré Faruk Kaymakci, le vice-ministre turc des Affaires étrangères.
Kaymakci s’exprimait, vendredi, à Bruxelles, lors d’un programme intitulé "Comment surmonter l’impasse de l’inconfiance dans les relations Turquie-UE ", organisé par le Conseil des relations économiques extérieures (DEIK) et le Centre d'études politiques européenne (European Policy Center, EPC).
"Avec la crise des réfugiés, l’importance géostratégique de la Turquie a été comprise. Cette crise a notamment permis de faire comprendre la nécessiter de lutter ensemble contre le terrorisme", a-t-il dit.
Kaymakci a souligné l’importance de ne pas adopter une approche sélective dans la lutte contre le terrorisme.
"Le terrorisme ne se restreint pas à Daech. Il y a en Turquie, les dimensions PKK et FETO du terrorisme. Nous devons nous entraider et reconstruire la confiance", a-t-il poursuivi.
A cet effet, Kaymakci a rappelé que certains leaders européens ont tardé à remettre leur message de soutien à la Turquie à la suite du coup-d’Etat déjoué le 15 juillet 2016, perpétrée par l’organisation terroriste FETO.
"Ce retard a crée un traumatisme dans les relations", a-t-il souligné.
Le vice-ministre turc a indiqué qu’après le 15 juillet, la Turquie s’est davantage focalisée sur ses politiques sécuritaires et a accentué sa lutte contre les groupes terroristes Daech, PKK et FETO.
Il est ensuite revenu sur la promesse de l’UE concernant le versement de 6 milliards d’euros à la Turquie, une aide destinée directement au réfugiés syriens accueillis.
"La crise des réfugiés nous a coûté 40 milliards de dollars. L’UE parle de 6 milliards de dollars. Les premiers 3 milliards de dollars ont été réservés à 72 projets.
Une partie de cette somme nous a été versée. Seul 2,1 milliards de dollars sur les 6 milliards nous est parvenus au profit des Syriens.
Ce n'est pas que l’UE ne donne pas d’argent. La Commission européenne et le Service des relations extérieurs font leur travail, mais ici le problème découle de la planification des projets, des appels d’offre, de la validation et de la bureaucratie.
Le système n'est pas aussi rapide qu'on pourrait le croire. Notre besoin est la mise en place d'un mécanisme spécial en cas de situations d’urgences, pour qu'un usage rapide de cet argent soit possible", a-t-il dit.
Par ailleurs, Kaymakci a affirmé que l'UE ne doit pas attendre à ce que la Turquie adoucisse de manière radicale sa législation anti-terroriste.
"La Turquie n’est pas le Luxembourg. Dans notre région il y a des conflits et trois groupes terroristes sauvages. Il faut un peu de compréhension et de flexibilité", a-t-il conclu.