Umur Koçak Semiz,Murat Karadağ,Ayşe Aktaş,Tuncay Çakmak
14 Juillet 2016•Mise à jour: 15 Juillet 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Ibrahim Kalin, Secrétaire Général adjoint et porte-parole de la Présidence turque, a affirmé que «si la communauté internationale ne se souvient pas de la responsabilité de son profond silence à Srebrenica [Bosnie-Herzégovine], de nombreux autres massacres semblables auront lieu en Syrie».
Kalin a publié, jeudi, une tribune dans le quotidien anglophone turc Daily Sabah, intitulée «De Srebrenica à la Syrie: Les leçons non prises».
Le porte-parole de la présidence turque a rappelé dans cette tribune que 21 années se sont écoulées depuis le massacre de plus de 8 000 Bosniaques musulmans par des milices serbes dans cette localité de la Bosnie-Herzégovine.
«Une tragédie similaire se déroule en Syrie dont la guerre arrive à sa sixième année, et comme à Srebrenica, le système international, les Nations Unies (ONU), l’Europe et les Etats-Unis permettent que cela se passe sous leurs yeux. Depuis la 2ème Guerre Mondiale, la guerre en Syrie, la plus mortelle de notre histoire récente, comme à Srebrenica montre l’incapacité du système international à mettre fin à la guerre et au terrorisme d’Etat», a-t-il dit.
Kalin a rappelé les faits vécus lors de la guerre en ex-Yougoslavie, disant: «En juillet 1995, des milliers de Bosniaques se sont réfugiés à Srebrenica, zone sous protection de l’ONU. Mais les Nations Unies et les autres responsables ont cru aux mensonges des Serbes et ceux-ci, présidés par Radovan Karadzic, ont perpétré un nettoyage ethnique contre les musulmans bosniaques.»
«Alors que les chefs politiques serbes serraient les mains des responsables européens et américains dans les capitales européennes, qui faisaient fi de trouver une solution au conflit, l’armée serbe poursuivait son plan d’extermination des musulmans bosniaques. Aujourd’hui, tout le monde sait que ces pays et les Nations Unies avaient été à maintes reprises avertis du siège de Srebrenica par les forces armées serbes dès les mois de mai et juin 1995», a-t-il ajouté.
Kalin a aussi rappelé que la force de protection de l’ONU, UNPROFOR, et les soldats néerlandais avaient assisté sans réagir au transfert de 8 000 hommes et jeunes hommes musulmans bosniaques vers les «camps de la mort» à Srebrenica.
«En conclusion, ce jour a été l’un des plus noirs de l’Histoire récente de l’Europe, et ce génocide doit rester vif dans les mémoires de l’ONU, de l’Europe, des Etats-Unis et du monde entier», a-t-il encore déclaré.
Kalin estime que le monde n’a pas su garder en mémoire les leçons nécessaires après le drame de Srebrenica, puisque actuellement, des crimes de guerre et contre l’humanité sont perpétrés par le régime de Bachar al-Assad en Syrie, sous les yeux de la communauté internationale.
«Pour des raisons de 'realpolitik' et de stratégie, le système mondial reste impassible devant le massacre du peuple syrien. De l’ONU à l’OTAN, tout le système mondial répète les mêmes erreurs qu’en Bosnie», a-t-il estimé.
Kalin a rappelé que de nombreux responsables politiques soutiennent l’idée de la création d’une zone de sécurité aérienne en Syrie.
L’ancien ministre bosniaque Muhamed Sacirbey et l’opposition syrienne affirment qu’une telle zone permettrait de sauver la vie de milliers de Syriens.
«L’intervention internationale en Bosnie a sauvé de nombreuses vies et a permis de contrer les nationalismes. La création d’une zone sécurisée en Syrie permettrait de sauver de nombreuses vies», a dit Sacirbey.