Myanmar: Une délégation du CS inspecte les villages rohingyas à Arakan
Plus tôt dans la journée, une rencontre tenue à Naypyidaw, a réuni les membres de la délégation onusienne avec plusieurs responsables birmans de premier plan, dont la dirigeante du Myanmar, Aung San Suu Kyi et le chef d’Etat-major, Min Aung Hlaing.
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01 Mai 2018•Mise à jour: 02 Mai 2018
AnkaraAA/ Mustapha Kamel
Une délégation du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a effectué, mardi, une visite d’inspection dans les villages des Rohingyas dans l’Etat d’Arakan (Ouest) pour s’enquérir sur l’ampleur des dévastations provoquées par l’armée birmane.
Dirigés par le président en exercice du Conseil de sécurité, Gustavo Meza-Cuadra, les 15 membres de la délégation onusienne s’étaient rendus dans la région de Maungdaw située dans le nord de l’Etat d’Arakan, accompagnés de certains responsables gouvernementaux, a rapporté l’agence de presse américaine "Associated Press".
Le gouvernement birman construit des camps pour accueillir les réfugiés Rohingyas vivant, actuellement, dans des camps et des abris provisoires au Bangladesh.
La déléguée du Royaume-Uni auprès de l’ONU et de la délégation du Conseil de sécurité, Karen Pierce, a, de son côté, appelé les autorités birmanes à mener une enquête appropriée sur les accusations dressées à leur encontre pour ce qui est du traitement des musulmans Rohingyas.
"Pour assurer la transparence, une enquête appropriée est requise", a déclaré Pierce aux journalistes après avoir visité les camps des réfugiés au Bengladesh et à l’Etat de Rakhine (Arakan).
Dans une déclaration accordée au journal bangladais "Dhaka Tribune", le chef d’Etat-major de l’armée du Myanmar, le Général Min Aung Hlaing, a nié les accusations dressées par l’ONU à l’encontre des forces birmanes. En effet, il s’agit, selon l’ONU, de nettoyage ethnique, de tortures et de viol.
Hlaing a affirmé que l’armée du Myanmar est "disciplinée et prend des mesures contre quiconque enfreint la loi".
La délégation du Conseil de sécurité a entamé, depuis samedi dernier, une visite au Bangladesh et en Birmanie pour inspecter la situation de la minorité Rohingyas. L’Etat de Rakhine devrait constituer la dernière étape de la visite qui s’achève, aujourd’hui.
Plus tôt dans la journée, une rencontre tenue à Naypyidaw, a réuni les membres de la délégation onusienne avec plusieurs responsables birmans de premier plan, dont la dirigeante du Myanmar, Aung San Suu Kyi et le chef d’Etat-major, Min Aung Hlaing.
Les membres de la délégation ainsi que les responsables birmans ont examiné des possibilités de rapatrier les Rohingyas à leurs villages.
Les crimes qui se poursuivent depuis des années contre les Rohingyas, avaient, selon les Nations unies, contraint quelque 826 000 personnes à se réfugier au Bangladesh, 656 000 d'entre eux ayant fui le pays depuis le 25 août dernier.
Selon l'organisation internationale "médecins sans frontières" (MSF), pas moins 9 000 personnes appartenant à la minorité Rohingyas avaient été tuées dans l’Etat d'Arakan, dans l'ouest du Myanmar, entre le 25 août et le 24 septembre derniers.