AA/Karachi (Pakistan)/ Aamir Latif
Le président afghan, Ashraf Ghani Ahmadzai, a tenté, vendredi de réparer les liens diplomatiques détériorés avec le Pakistan voisin lors de sa première visite à Islamabad en tant que chef d’Etat.
Ghani Ahmadzaï est le tout premier président afghan à être invité au Quartier général de l’armée où il a été salué par la Garde d’honneur et a rencontré le chef d’Etat-major de l’armée pakistanaise, Général Raheel Sharif, pour la seconde fois en deux semaines.
Sharif a récemment visité la capitale afghane, Kaboul, où il s’est entretenu avec le président afghan de la manière d’empêcher l’activité insurrectionnelle transfrontalière, d’après l’organe de communication et de relations publiques de l’armée pakistanaise, l’Inter Services Public Relations (ISPR).
Le chef d’Etat afghan rencontrera également, durant sa visite au Pakistan, le Premier ministre, Nawaz Sharif, dans l’espoir de voir le gouvernement pakistanais aider l’Afghanistan à établir des pourparlers de paix avec les Talibans.
Les deux pays se sont, précédemment, accusés mutuellement de soutenir les Talibans.
Peu après avoir été investi, en septembre, Ghani Ahmadzai avait invité les Talibans à des négociations, mais son offre a été rejetée.
Ce voyage du président afghan est également considéré comme une opportunité de construire des relations commerciales avec le Pakistan qui pourraient aider à stimuler l’économie afghane chancelante.
Avec ce qui est considérée comme la « première transition de pouvoir démocratique et pacifique en Afghanistan », plusieurs analystes estiment qu’il existe une opportunité unique pour les deux pays de renouveler leur relation.
«Cette visite va indiquer le type de relations futures entre les deux pays. Elle indiquera aussi comment ces relations ‘à vif’ se sont transformé suite au changement de gouvernement à Kaboul » a observé un expert politique et sécuritaire basé à Karachi, Abdul Khalique Ali.
D’après un analyste sécuritaire de Peshawar, Ismail Khan, les deux pays se sont rendu compte de leurs intérêts communs.
« M. Ghani Ahmadzaï est un économiste et il comprend parfaitement l’importance du Pakistan pour l’économie de son propre pays enclavé. Pareillement, Islamabad, a compris qu’il ne pouvait se débarrasser du terrorisme qu’à travers une coopération mutuelle avec Kaboul » a estimé Khan.
« Si le Pakistan décide aujourd’hui que les Talibans devraient s’asseoir et négocier avec le gouvernement afghan, à mon avis, ils le feront. Le Pakistan est capable de faire ça» a assuré l’analyste pakistanais.