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02 Mai 2024•Mise à jour: 03 Mai 2024
AA / Tunis / Fatma Ben Amor
La femme de l'ancien président français Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, a été convoquée ce jeudi matin pour être entendue en audition libre comme "mise en cause" dans le cadre de l'information judiciaire relative aux conditions de la rétractation de Ziad Takieddine, témoin clé dans l'affaire du financement libyen, a rapporté franceinfo citant une source judiciaire.
Carla Bruni-Sarkozy est entendue dans les locaux de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), précise la même source.
L'ex-première dame avait déjà été entendue comme témoin dans ce dossier en juin 2023.
Ziad Takieddine, homme d'affaires franco-libanais jouant le rôle d'intermédiaire dans des contrats internationaux, notamment pour l'industrie de l'armement, et principal témoin à charge contre Nicolas Sarkozy dans l'affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, avait opéré une spectaculaire volte-face sur BFMTV et Paris Match en novembre 2021 en déclarant que l’ex-président n’avait "pas touché un centime, cash ou pas cash, pour l’élection présidentielle" de 2007 de la part du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi. Takieddine récidive un mois plus tard dans une déposition transmise aux juges parisiens, accusant de nouveau les magistrats français : "Les juges m'avaient fait des promesses en échange de déclarations erronées et à charge contre Nicolas Sarkozy et j'ai accepté".
En janvier 2021, le Franco-Libanais opère une deuxième et non moins spectaculaire volte-Face : lors d'une audition par les juges français à Beyrouth, où il vit, il recommence à incriminer Nicolas Sarkozy, assurant que ses propos de novembre ont été "déformés" par Paris Match, qui "appartient à un ami de Sarkozy".
En mai 2021, une information judiciaire est ouverte sur des soupçons de subornation de témoin. Sarkozy a été mis en examen dans ce dossier en octobre dernier pour recel de subornation de témoin et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’escroqueries au jugement en bande organisée.
Selon Le Parisien, citant une source proche du dossier, le juge d’instruction s'est interrogé sur divers éléments à charge contre Carla Bruni, notamment sur une "volonté de dissimulation" de sa part, alors que tous ses messages échangés avec Michèle Marchand, figure de la presse people, également mise en cause dans le dossier, auraient été supprimés le 5 juin 2021, jour de la mise en examen de cette dernière.