AA – Ankara/Hasséké
L'organisation terroriste PKK/PYD renforce son occupation dans les territoires arabes en Syrie.
Le PKK/PYD n'a pas été directement une partie belligérante dans le conflit interne syrien qui a débuté en 2011.
En revanche, il s'est mis à établir un «arc de terrorisme» allant depuis le Nord-est de la frontière turque, jusqu'au district syrien d'Afrin, en face de la province turque de Hatay (dans le Sud).
Pour ce faire, l'organisation terroriste s'est rapprochée du régime de Bachar al-Assad qui, en contrepartie, s'est tu, face au contrôle des zones du Nord, par le PKK/PYD.
Le régime a cédé Amude (district de la province de Hasséké, Nord-Est), puis Afrin (province de Alep, Nord-ouest) et Kobané (Nord-est) en juillet 2012, à l'organisation terroriste.
Le PKK/PYD a proclamé l'autonomie dans ces régions qu'il a appelés «cantons», en janvier 2014.
Par la suite, l'organisation terroriste a occupé Talabyad, situé entre Hasséké et Kobané, en juin 2015, avec le soutien aérien des États-Unis d'Amérique, sous prétexte de lutte contre Daech.
Ainsi, le PKK/PYD a relié les deux régions, désignant Talabyad le quatrième «canton» en octobre 2015.
Il a, en outre, mis en place une prétendue assemblée locale appelée : «Conseil démocratique de Syrie» [SDG], avec certains petits groupes qui le soutenait, le 10 décembre 2015.
Le 17 mars 2016, le PKK/PYD a proclamé une «fédération» dans les régions qu'il contrôlait, dans le Nord de la Syrie.
Dans le cadre de cette «fédération», l'organisation terroriste a créé des assemblées locales dans chacun des «cantons», régions qu'il occupait.
En outre, le PKK/PYD a mené la propagande selon laquelle il a laissé l'administration de ces régions aux habitants.
Alors que les États-Unis avaient promis que les éléments du PKK/PYD allaient se retirer de Manbij (à l'Est de l'Euphrate) après la libération du district de Daech, l'organisation terroriste a proclamé une «administration civile».
Début juin, le PKK/PYD s'est mobilisé pour libérer Raqqa de Daech, avec l'aide des États-Unis, établissant, pour ce faire, le «Conseil de Raqqa», formé de civils.
Les comptes de médias sociaux proches de l'organisation terroriste défendent l'idée que ce conseil assurera les services publics une fois que Raqqa sera "nettoyée" de Daech.
En outre, l'organisation terroriste a créé une prétendue organisation policière sous prétexte d'assurer la sécurité après la libération de Raqqa.
Le PKK/PYD qui utilise le nom de SDG, a commencé à entraîner ses membres comme futurs policiers.
Les correspondants de l'Agence Anadolu à Hasséké avaient précédemment noté que le terroriste Hasan Dersim, en provenance du mont Kandil, dirige le camp d'entraînement.
Le PKK/PYD a restructuré le prétendu système de "canton" lors de la réunion organisée à Roumeylan, fin mai.
Il a annoncé la prétendue «Assemblée constituante de la Syrie du Nord fédérale», responsable des élections, divisant les «cantons».
Selon le nouveau plan, Hasséké, Kobané et Afrin ne sont plus des «cantons» mais des «régions».
Chaque région a été divisée en deux. Autrement dit, six "cantons" ont été créés dans trois régions.
Au cours de la réunion à Roumeylan, le PKK/PYD a décidé de tenir trois prétendues élections. Les premières d'entre elles ont été organisées dans les quartiers «komin» qui forment les «cantons», la semaine dernière.
Un couvre-feu a été proclamé durant les élections auxquelles des sympathisants ou membres du PKK/PYD ont été candidats.
Selon les correspondants de l'Agence Anadolu à Hasséké, le taux de participation a été faible, malgré la pression exercée.
Certains comités rattachés à l'organisation terroriste ont fait le tour des quartiers, menaçant tous les habitants adultes de les priver d' aides humanitaires s'ils ne votent pas.
Les candidats proches du PKK/PYD ont remporté les élections, a-t-on appris.
Chouayp Haskavi, un activiste à Hasséké, a déclaré à l'Agence Anadolu: «Ces élections sont illégales, car elles sont tenues non par la volonté du peuple, mais sous la pression d'un groupe armé.»
Pour Haskavi, l'organisation terroriste essaie de se montrer démocrate à la communauté internationale.
«N'oublions pas que le PYD a forcé des dizaines de milliers de gens à s'exiler, lors de ces élections», a-t-il ajouté.
Pour sa part, l'avocat Raman Yousouf a affirmé: «Le pire, c'est qu'aucun parti kurde n'a eu le droit de jouer un rôle. Des élections tenues par la force, par un groupe armé, sont illégitimes. La Syrie a d'autres problèmes. Tenir des élections, alors que ces problèmes perdurent, est une démarche insensée.»
L'organisation terroriste envisage des élections au niveau des prétendus villages, cantons, mairies et régions le 3 novembre, et des élections de «l'Assemblée constituante de la Syrie du Nord fédérale», en début 2018.
Walid Mouallim, ministre des Affaires étrangères du régime d'al-Assad, qui avait coopéré étroitement avec le PKK/PYD, avait affirmé qu'ils pourraient négocier l'autonomie.
Le PKK/PYD occupe 23% du territoire syrien, soit 41 000 km2 sur 185 000 km2 environ.