Ümit Dönmez
08 Janvier 2025•Mise à jour: 10 Janvier 2025
AA / Paris / Ümit Dönmez
Les États-Unis et la France ont évoqué les "préoccupations légitimes" de la Türkiye concernant l'organisation terroriste PKK en Syrie.
Lors d'une conférence de presse conjointe à Paris ce mercredi, Antony Blinken et Jean-Noël Barrot ont fait des déclarations relatives à la Syrie, où les tensions restent vives entre les intérêts sécuritaires de la Türkiye et les "Forces démocratiques syriennes (FDS)", constituées pour l'essentiel de l'organisation terroriste PKK/YPG.
Les chefs de Diplomatie américaine et française ont souligné leur attachement à la stabilité de la région et à la lutte contre Daech, tout en exprimant une compréhension des préoccupations sécuritaires turques, ainsi que leur volonté de continuer leur collaboration avec Ankara.
Jean-Noël Barrot, qui a affirmé que les FDS jouent un rôle clé dans la lutte contre le terrorisme, a insisté sur la nécessité d'inclure toutes les communautés syriennes dans le processus de transition politique du pays.
Cependant, les deux diplomates ont également reconnu les "préoccupations légitimes" de la Türkiye à l’égard de l'organisation terroriste PKK, dont les YPG, constituent la branche syrienne, mais continuent de jouir du soutien de Washington et Paris. Blinken a évoqué les efforts conjoints pour "naviguer cette transition d'une manière qui résolve les préoccupations de toutes les parties".
Barrot a salué les médiations en cours, mentionnant des discussions récentes entre les FDS, les autorités de transition syriennes et les autorités turques, sous l’égide des alliés occidentaux. "La Türkiye a des attentes légitimes en matière de sécurité, et elles doivent être respectées dans le cadre d’une solution négociée", a-t-il souligné.
Pour rappel, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a indiqué que l'organisation terroriste PKK/YPG avait reçu un ultimatum et que si elle n'y répondait pas, les mesures nécessaires seraient prises.
Le chef de la diplomatie turque répondait lundi aux questions de journalistes de CNN Turk.
"Les mesures nécessaires sont des mesures militaires. L'ultimatum que nous leur avons donné (au PKK/YPG) est évident. Nous l'avons lancé par l'intermédiaire des États-Unis et de la presse. Ceux qui sont des combattants terroristes internationaux, venus de Türkiye, d'Iran et d'Irak, doivent immédiatement partir", a-t-il précisé.
Hakan Fidan a également évoqué le rôle des États-Unis en Syrie.
"Les États-Unis étaient là pour diverses raisons. Aujourd'hui, 85 % des raisons qu'ils avancent pour maintenir leur présence en Syrie, en particulier sous l'administration du président américain Joe Biden, sont caduques. Ils invoquaient la présence iranienne et russe pour justifier leur présence. Aujourd'hui, c'est la question de Daech qui se pose. Ils soulèvent maintenant la question de la lutte contre Daech", a-t-il dit.
Le ministre turc a souligné que "le PKK assure des services pénitentiaires aux États-Unis dans la lutte contre Daech", tout en ajoutant que des Européens capturés dans le cadre de cette lutte n'avaient pas été restitués à leur pays et qu'ils étaient donc "gardés" par le PKK.
Il a affirmé que le nouveau gouvernement syrien était prêt à assumer le contrôle des combattants de Daech, avec le concours de pays et acteurs, y compris la Türkiye. La lutte contre Daech ne saurait être utilisée "comme excuse pour protéger" l'organisation terroriste PKK/YPG, a-t-il noté.