AA / Tunis / Hassan Mekki – Seifeddine Trablesi
Le président tunisien Moncef Marzouki a exhorté lundi, les autorités égyptiennes à ne pas exécuter les condamnations à mort émises par un tribunal égyptien, à l’encontre de centaines de partisans du président démis Mohamed Morsi, appelant à « laisser la porte ouverte dans ce pays au dialogue national tel que cela s’est passé en Tunisie ».
Dans un entretien exclusif accordé lundi après-midi, à Anadolu, qui sera publié en intégralité ultérieurement, Marzouki a souligné qu’il lance cet appel aux autorités du Caire en tant que « militant des droits de l’Homme » et président d’un pays « frère » de l’Egypte, dans la mesure où « l’application des sentences aurait un impact dévastateur aussi bien sur l’image et la réputation des autorités du Caire que sur la situation politique générale de l'Egypte ».
« Cette exécution ne mettra pas un terme à la violence. Au contraire elle ne fera que l’accentuer », a ajouté Marzouki.
A une question d’Anadolu au sujet de ces jugements qui ont suscité une large condamnation internationale, le président tunisien a souligné: «Avant d’être chef d’Etat, je suis militant des droits de l’Homme et ma position de principe reste immuable, j’étais, je suis et je serai contre la peine de mort, quelles que soient les raisons, tout particulièrement s’il s’agit de motifs politiques ».
Marzouki a, cependant, rejeté catégoriquement les actes terroristes, soulignant: « Je suis aussi contre le terrorisme. Au cours du dernier Sommet arabe de Koweït, le ministre tunisien des Affaires étrangères est venu m’informer que six soldats égyptiens avaient été assassinés au Sinaï. Spontanément, je me suis levé et adressé au frère Adly Mansour (président égyptien intérimaire) pour lui présenter mes condoléances en mon nom personnel et au nom du peuple et du gouvernement tunisiens».
« Je m’inscris en faux contre toute attaque terroriste qui cible les forces de sécurité et l’armée égyptiennes », a encore précisé Marzouki.
« Partant des liens de fraternité et d’entente qui nous lient, j’exhorte les autorités du Caire à ne pas appliquer le verdict afin d‘apaiser la tension. Le rôle du politique consiste à calmer les esprits et à rasséréner », a conclu le président tunisien.