AA / Washington / Atheer Ahmed Kakan
Les Etats Unis d’Amérique ont fait part de leur «profond désagrément » suite aux condamnations à mort lundi, par un tribunal égyptien de centaines de partisans du président égyptien démis Mohamed Morsi, appelant les autorités égyptiennes à « y mettre un terme ».
Dans un communiqué rendu public lundi, par le Porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, les USA se sont dit « profondément inquiets de la poursuite des condamnations collectives à la peine capitale en Egypte », appelant les autorités du Caire à « arrêter » ces verdicts.
Le communiqué a ajouté que « le verdict du lundi défie les normes internationales élémentaires de la justice », relevant que « le gouvernement égyptien se doit de garantir le droit de chaque citoyen à un procès équitable ».
Carney a souligné que « le jugement s’oppose aux engagements de l’Egypte en matière de droit international », exhortant le gouvernement du Caire à réagir face à ce jugement qualifié de « dangereux, sans précédent et dépassant tout entendement". Les Etats Unis ont aussi mi en garde contre une "répression de l’opposition pacifique qui pourrait mener à la déstabilisation du pays et à l’accroissement de l’extrémisme ».
Les autorités égyptiennes ont répété à maintes reprises, que les « décisions de justice sont indépendantes et nullement politisées et qu’il ne convient pas de les commenter ».
Le tribunal d’al-Minya (Centre) a émis lundi matin des jugements portant condamnation à mort de 37 accusés et emprisonnement à vie de 491 autres sympathisants de Morsi ainsi que le transfert, au Mutfi pour avis avant exécution des dossiers de 683 condamnés à mort parmi les partisans de l’ancien président démis, dont le Guide de la Confrérie des « Frères Musulmans ».
Le transfert des dossiers au Mufti en droit égyptien est synonyme d’exécution. L'avis de l’autorité religieuse est consultatif et n’est point contraignant pour le juge qui pourrait confirmer la sentence en dépit de son rejet par le Mufti.
Selon des sources judiciaires, les jugements rendus lundi en première instance sont susceptibles d’appel et seront soumis ensuite, à l’examen de la Cour de Cassation (juridiction suprême).