AA/Bujumbura/Rénovat Ndabashinze
L'opposition burundaise radicale, regroupée au sein de l'Alliance des démocrates pour le changement (ADC-Ikibiri), a réclamé le départ de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), à la suite des irrégularités observées au sein du fichier électoral des élections de 2015, selon un communiqué dont Anadolu a reçu copie.
Alors que l'enrôlement des électeurs pour les élections locales, législatives, sénatoriales et présidentielle prévues entre mai et août 2015, a démarré, lundi, au Burundi, l'ADC-Ikibir, qui rassemble une dizaine de partis de l’opposition radicale, a dénoncé plusieurs fraudes et falsifications, selon le texte diffusé jeudi soir.
La coallition, a, entre autres, noté « l’inscription d’enfants mineurs (de 15 à 17 ans) sur les listes électorales, le cas d'agents administratifs locaux et d'agents recenseurs qui amènent plus d’une carte nationale d’identité pour l’enrôlement en l’absence des propriétaires alors que la présence physique de ces concernés est obligatoire ».
« Les agents recenseurs profitent de l’ignorance des gens pour inscrire de faux noms sur les récépissés ce qui les privent upso facto des cartes d’électeurs», fait encore observer l'ADC-Ikibiri.
« Le processus électoral est biaisé par manque d’impartialité de la Céni. Afin de sauver le processus, la commission doit démissionner », conclut le document.
Joint par Anadolu, Prosper Ntahorwamiye, porte-parole de la Céni a estimé pour sa part qu'il n'est pas question de démission. « Tout n’est pas mauvais et s’il y a des choses à corriger, nous le ferons » a-t-il soutenu.
La Céni organisera par ailleurs, lundi prochain, une réunion avec les différents acteurs politiques et les partenaires dans le processus d'enrôlement afin d'établir le dialogue, a-t-il encore fait savoir.
L'ADC avait boycotté les élections de 2010, mais a décidé de participer à la présidentielle et aux législatives en 2015 et à présenter un candidat unique pour l'occasion.
Une charte commune de gouvernance intitulée « Espoir pour le Burundi » a d'ailleurs été signée, dimanche dernier, par les différentes parties de la coalition pour renforcer cette union.
L’enrôlement des électeurs burundais pour les élections de 2015, démarré lundi dans le pays et qui s'achève le 7 décembre, a enregistré 700.000 inscriptions sur 4.200.000 attendus.