AA/ Abidjan/ Fulbert Yao
Une cinquantaine de prisonniers de la crise post-électorale de 2011 en Côte d’Ivoire a été mise en liberté provisoire, a annoncé, mercredi, le procureur de la République ivoirien dans un communiqué dont Anadolu a eu copie.
« Le Procureur de la République informe qu’il a été ordonné ce jour, la libération provisoire d’office, d’une cinquantaine de détenus de la crise post-électorale, qu’il a été procédé au dégel de comptes bancaires de trente et une personnalités dont les comptes avaient été gelés dans le même cadre », informe le texte, dont l'annexe informe que parmi ces dernières personnalités figure l'actuel président du Front Populaire Ivoirien (FPI-Principal parti de l'opposition ivoirienne), Pascal Affi N'guessan.
Le 25 juillet dernier, 13 détenus pro-Gbagbo [Laurent Gbagbo, ex-chef d'Etat ivoirien] avaient bénéficié de liberté provisoire. Avant eux, au mois de juin de la même année, une cinquantaine d'autres avaient également bénéficié de largesses des autorités judiciaires ivoiriennes. Ces nouvelles libérations interviennent, un mois après des semaines de grève de la faim suivie par les prisonniers qui a entraîné l'hospitalisation de près de 150 parmi eux.
Ces libérations interviennent également dans un contexte marqué par le procès de l’ex-première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, accusée notamment de "crimes économiques" ainsi que de ses 82 co-accusés.
Dans un communiqué publié le 25 décembre dernier, le procureur de la république, Adou Richard Christophe, expliquait que "les faits reprochés aux détenus [liés à la crise post-électorale, ndlr] sont d’une extrême gravité" en ce qu'ils "ont entraîné mort d’hommes, notamment au sein des forces républicaines". Près de 200 autres détenus liés à la crise de 2010-2011 croupissent encore dans les prisons ivoiriennes, en attente de procès.
La crise post-électorale, déclenchée par le refus de l’ex-président, Laurent Gbagbo, de reconnaître une victoire de son rival Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010, a fait plus de 3.000 morts en cinq mois, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Laurent Gbagbo est emprisonné, depuis fin novembre 2011, à La Haye, aux Pays-Bas, en attente d'être jugé en juillet prochain par la Cour pénale internationale (CPI) pour des "crimes contre l'humanité".