Hafawa Rebhi
30 Août 2017•Mise à jour: 31 Août 2017
AA /Ankara / Nevzat Demirkol
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré mercredi que son pays ne pouvait pas abandonner à leur sort ceux qui sont exposés à l'injustice à Arakan.
Erdogan a évoqué la situation à Arakan, lors d'une réception organisée mercredi au Complexe présidentiel dans la capitale Ankara à l’occasion de la célébration de la Fête de la Victoire du 30 août.
Selon Erdogan, la Turquie ne peut pas abandonner les principes de la vérité et de la justice, pour ses propres intérêts et elle continuera à assister les opprimés du monde entier.
« Tout comme nous avons ouvert nos cœurs à nos frères en Syrie, en Irak, dans les Balkans, dans le Caucase et en Afrique du Nord, nous ne pouvons abandonner les opprimés à Arakan », a-t-il précisé.
Erdogan s’est également attardé sur les développements dans la région. Il a indiqué à cet effet que la Turquie était au courant des machinations manigancées à l'aide d'organisations terroristes, et que toutes les options étaient ouvertes pour y faire face.
« Ceux qui cherchent à assiéger la Turquie par des organisations terroristes, demeureront en fin de compte face à face avec ces organisations», a encore mis en garde Erdogan, tout en comparant les organisations terroristes à des «bombes prêtes à exploser».
Le président turc a questionné la sincérité de l’objectif de l’élimination de Daech, des armes appartenant à un pays allié de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) ayant été trouvées dans les mains des membres de l’organisation terroriste
Erdogan a par ailleurs pointé du doigt les pressions politiques et économiques exercées par certains pays, voulant décrédibiliser la Turquie en tant que destination sûre pour le tourisme et l’investissement.
Il a souligné que son pays a toujours déçu ses ennemis et qu’Ankara aspirait à augmenter davantage le nombre de ses amis auxquels elle a toujours profité.
Depuis le 25 août, l'armée du Myanmar enchaîne ses graves violations des droits de l'homme, dans le nord de la province d'Arakan (sud-ouest), en usant d’une force excessive contre les musulmans Rohingya, selon plusieurs rapports médiatiques.
Le Conseil Européen Rohingya (CER) a annoncé lundi qu’entre deux mille et trois mille musulmans avaient été tués dans les attaques de l'armée birmane sur la province d'Arakan, en moins de trois jours.
Depuis octobre 2016, environ 87 mille Rohingya sont arrivés au Bangladesh, selon Ali Hussain, l'administrateur en chef du district de Cox's Bazar, un territoire bangladais bordant la frontière sud-est avec le Myanmar.
Les attaques sont survenues deux jours après que l’ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan a transmis au gouvernement birman le rapport final d’une enquête sur les violations subies par les musulmans Rohingya dans l'État d'Arakan, dans le sud-ouest de Myanmar.