AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le nombre de lieux de prière de culte musulman en France n'est pas suffisant, a estimé le secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification, Thierry Mandon, soutenant les récents propos de Dalil Boubakeur, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM).
"Il n'y a pas assez de mosquées en France", a affirmé Mandon, s'exprimant mardi matin sur la chaîne d'info française iTélé. Selon le secrétaire d'Etat, il y a ''encore beaucoup trop de villes où la religion musulmane se pratique dans des conditions qui ne sont pas décentes''.
Lors de son intervention à la 32e Rencontre annuelle des musulmans de France, organisée par l'Union des organisations islamiques de France à Paris, Boubakeur avait déclaré samedi dernier, qu'il faudra ''doubler'' le nombre des mosquées en France en deux ans pour pallier le manque de lieux de culte pour les millions de musulmans français.
Le nombre actuel de salles de prière en France est estimé à 2 200 alors que 7 millions de musulmans vivent sur le territoire français, d'après Boubakeur.
D'après Mandon, le règlement de cette question ''ne revient pas à la République'', notamment en vertu de la loi de 1905 qui sépare l'Eglise de l'Etat, et interdit à ce dernier de financer les lieux de culte. Le secrétaire d'Etat a pourtant nuancé ses propos soulignant qu'il faut ''reconnaître que parfois, les lieux de culte musulmans ne sont pas satisfaisants''.
''Il y a beaucoup d'endroits où les lieux de culte décents fonts défaut. S'ils sont décents, ouverts plutôt que souterrains ou cachés, ça se passerait mieux'', a-t-il poursuivi.
Mandon a aussi estimé que les conditions indécentes des salles de prière renvoient les musulmans à une image discriminatoire. ''Plus vous laissez les musulmans de France prier dans des caves ou dans des garages, plus vous les renvoyez à une discrimination qui fonde la colère, qui fonde le terreau de la radicalisation'', a-t-il ainsi précisé.
''C'est une faute. Au contraire, il faut ouvrir'', a conclu le secrétaire d'Etat français.
Le parti d'extrême-droite, le Front national, avait fait part de sa ''totale opposition'' à l'idée de Boubakeur par le biais d'un communiqué, dénonçant un ''grand flou'' sur l’origine et le financement des projets de mosquées en France. D'après le parti de Marine Le Pen, l’aide financière apportée par certains Etats étrangers, tels que l’Arabie-Saoudite ou le Qatar, constitue ''une menace certaine pour la sécurité nationale''.