AA / Phnom Penh / Kate Bartlett
Le gouvernement du Cambodge a déclaré que treize migrants illégaux cambodgiens ont été arrêtés en Thaïlande lorsque les autorités de bangkok ont découvert que leurs documents de voyages étaient falsifiés, ont rapporté, samedi, des médias locaux.
Ces dernières semaines ont été marquées par retour précipité au pays de plus de 200 000 travailleurs illégaux cambodgiens en Thaïlande, suite à l’annonce par la junte militaire thaïlandaise de l’arrestation et l’expulsion de tout migrant illégal.
Les dirigeants thaïlandais, qui affirment ne pas avoir voulu provoquer un exode de masse, se sont cependant attiré les foudres du ministre cambodgien de l’Intérieur, Sar Kheng.
« Les autorités thaïlandaises sont responsables des problèmes qui se produisent, dont les pertes de vies humaines » a fustigé Sar Kheng.
Au moins huit Cambodgiens sont morts dans des accidents de voitures causés par le vent de panique qui a soufflé sur la communauté migrante tentant de fuir au plus vite.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Koy Kuong, a pour sa part affirmé, cité par le Cambodia Daily, avoir appris que « les autorités thaïlandaises se préparent à envoyer les treize détenus devant un tribunal. »
Koy Kuong a ajouté que le Cambodge essaierait de leur fournir une représentation juridique.
D’après le Cambodia Daily, le ministère cambodgien pense qu’environ seulement un quart des 400 000 de leur ressortissants possèdent des documents de séjour valides.
Une situation attribuée, depuis de longues années, aux coûts exorbitants pratiqués pour l’obtention de ces papiers officiels ; la préparation d’un passeport coûte ainsi 124 USD.
Afin d’améliorer lE sort des citoyens à l’étranger, le Premier ministre cambodgien, Hun Sen, s’est finalement décidé à signé, vendredi, décret qui abaisse les frais d’émission de passeports à 4 dollars US, a rapporté le même quotidien national.
Dans un communiqué officiel, l’organisation de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch, a sévèrement critiqués les mesures répressives de la junte thaïlandaise à l’encontre des migrants, les accusant notamment d’avoir « causé une fuite massive de travailleurs migrants, ayant enduré pendant longtemps des abus de la part de responsables et d’employeurs sans scrupules ».
La Thaïlande a toujours été une terre d’emplois prisée par les Cambodgiens, où la moyenne des rémunérations est largement supérieure à celle de leur pays d’origine.