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La limitation des mandats présidentiels reste négociable pour le ministre délégué auprès du président de la République chargé des relations avec les institutions de la République Togolaise, Christian Trimoua, dans une interview avec Anadolu, à condition qu'elle n'aboutisse pas à "l'exclusion" de Faure Gnassingbé, président togolais, dont le deuxième mandat arrive à échéance dans le courant 2015.
"Nous posons la question, est-ce qu'on veut que les textes s’appliquent de façon générale et impersonnelle comme une loi devrait s’appliquer ou qu’il y ait des citoyens qui soient exclus dans l’application de cette loi." a déclaré Trimoua à Anadolu.
Face aux accusations de l'opposition togolaise de conditionner la révision constitutionnelle à sa non-rétroactivité pour qu'elle profite au président sortant, le dirigeant du parti au pouvoir UNIR (Union pour la République) rappelle que son parti "n’a jamais posé de préalables ni aujourd’hui, ni hier".
"UNIR n’a jamais dit qu’il faut encore deux mandats pour Faure Gnassingbé. Non ! Nous disons que si c’est adopté, ça doit être adopté et applicable à tous les Togolais dans les mêmes conditions, avec les mêmes chances pour l’avenir."
Christian Trimoura estime, ainsi, que l'état actuel du texte constitutionnel, laissant ouverte la possibilité de réelection au chef de l'Etat, rend le rapport de force favorable au parti au pouvoir et fait de la simple acceptation de principe par celui-ci de la limitation des mandats, un pas que l'opposition devrait considérer comme "un grand progrès".
"La Constitution en vigueur aujourd’hui ne limite pas le nombre de mandats présidentiels. Un chef d’Etat est rééligible, point. Il peut être candidat, encore et encore." martèle le leader du parti au pouvoir "Il n’y a donc pas à dire qu'on veut faire une faveur au Président en lui permettant de se faire réélire. UNIR ne peut pas poser ce sujet là, parce que par définition, le texte lui est déjà favorable. Donc si quelqu’un demande la limitation, nous discutons. UNIR a déjà fait un grand progrès en disant, qu'il est d’accord pour la limitation des mandats à deux quinquennats."
Devant les accusations de blocage de la part de l'opposition, notamment du parti ANC (Alliance nationale pour le Changement), dirigé par Jean-Pierre Fabre, le membre du bureau politique du parti UNIR, réplique que c'est l'opposition qui est à l'origine d'un "blocage de minorité".
"Quand la proposition de loi constitutionnelle sur la limitation des mandats est arrivée devant la commission, l'opposition a invoqué l'incompétence de celle-ci et a appeler à aller directement en plénière. La majorité a proposé de saisir la cour constitutionnelle, ce qui a été fait, et elle s'est prononcé pour la compétence de la commission." rappelle Trimoura "Quand un nouveau blocage est intervenu, nous avons essayé de discuter en groupes mixtes restreints, chose qui a été refusé. C'est l'opposition qui est à l'origine de ce blocage !"
A quelques semaines de l'élection présidentielle, dont la date serait annoncée prochainement par la Cour Constitutionnelle, et qui opposera, notamment, le président sortant, Faure Gnassingbé au leader de l'opposition, Jean-Pierre Fabre, le Togo vit sous tension politique née autour de la réclamation, par l'opposition, de révisions institutionnelles.
Outre la limitation rétroactive des mandats présidentiels, celles-ci concernent un mode de scrutin à deux tours pour la présidentielle ainsi qu'un changement dans le mode de désignation des juges de la Cour constitutionnelle, instance chargée de proclamer les résultats définitifs des élections, nommés actuellement par le Parlement et le Président de la République.