AA/N'Djamena
Le procès des auteurs présumés du double attentat suicide qui a frappé N’djamena, le 15 juin dernier, faisant,selon le gouvernement, 27 morts et une centaine de blessés, s’est ouvert mercredi dans la capitale tchadienne, a appris Anadolu de source juridique tchadienne.
Une soixantaine de suspects avaient été arrêtés par la police tchadienne à la suite du double attentat suicide, revendiqué par le groupe armé nigérian Boko Haram.
Mercredi, 10 membres présumés responsables de ces deux attaques simultanées contre le commissariat central et l'école de police de N’Djamena ont donc été présentés devant la justice tchadienne. Ils sont notamment poursuivis «pour assassinat à l'aide d'explosifs et détention illégale d'armes de guerre», a appris Anadolu de source juridique tchadienne.
Les auteurs présumés risquent la peine de mort qui a été rétablie par le Parlement tchadien, le 30 juillet dernier (après six mois de suspension) «pour punir les auteurs d’actes terroristes».
En l’espace d’un mois (mi juin-mi juillet), le groupe armé nigérian Boko Haram, a mené trois attaques contre la capitale tchadienne, faisant au total plus de cinquante morts, selon des sources sécuritaires et médicales.
Depuis, le gouvernement a adopté une loi antiterroriste. Le texte prévoit, outre la peine capitale, d'autres peines allant jusqu’à la perpétuité.
Selon les observateurs politiques, les deux attentats ont été commis en représailles à l'implication de l'armée tchadienne qui a engagé 5 mille soldats dans l'offensive lancée contre le groupe nigérian depuis janvier dernier.
Par ailleurs, le Tchad, le Nigeria, le Niger, le Cameroun et le Bénin ont convenu lors d'un sommet tenu le 11 juin à Abuja de mettre sur pied "une force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF)" afin de mieux combattre le groupe armé. Une force dont le quartier général sera établi à N’Djamena et qui sera dirigée par le Nigéria et qui doit être déployée incessamment.