Abdullah Doğan,Hatem Katou
13 Février 2016•Mise à jour: 13 Février 2016
AA - Konya (Turquie)
Les attaques qui visent les civils avec le soutien des forces russes en Syrie ont poussé environ 4,5 millions de personnes à se déplacer à l'intérieur du pays et une grande partie d'entre eux pense trouver refuse dans d'autres pays.
Le vice-président et responsable des Affaires extérieures de la fondation d'aide humanitaire IHH, Hasan Aynaci, a été interviewé par l'Agence Anadolu sur le conflit qui secoue actuellement la Syrie et ses incidences humanitaires.
Selon Aynaci, "l'équilibre a changé dans la région à partir du mois de septembre, avec l'intervention de la Russie dont les bombardements ont généré diverses conséquences".
Hasan Aynaci a souligné que les attaques soutenues par la Russie se concentrent surtout dans les zones habitées par les Turkmènes à Lattaquié et au nord de Alep.
Les organisations non-gouvernementales en Turquie se sont mobilisées pour satisfaire les besoins des Syriens près de la frontière et pour leur fournir de l'aide contre le froid et la famine, d'après Aynaci.
"Le poste frontière de Babusselam a vu déferler de grands flux migratoires", a déclaré Hasan Aynaci.
"Plus de 30 000 Syriens s'étaient dirigés vers le poste après les attaques lancées dans le Nord de Alep et selon les récentes informations recueilles dans la région, plus de 90 000 Syriens attendent à la frontière après les dernières attaques", a-t-il poursuivi.
"Nos équipes d'urgence qui ont reçu une formation spéciale en la matière, se sont rendues dans la région où nous continuons à monter des tentes", a-t-il relevé.
"Le nombre des personnes qui sont arrivées est très élevé, nous avons des difficultés [à gérer] le flux", a-t-il reconnu.
"La Turquie a accueilli 2,5 millions de Syriens et le gouvernement à Ankara a beaucoup dépensé. La Turquie peut en accueillir davantage mais cela ne résoudra pas le problème", a-t-il encore dit.
"Plus de 4,5 millions de personnes ont dû quitter leurs maisons pour se déplacer à l'intérieur de la Syrie. Il s'agit de demandeurs d'asile dans leur propre pays", a lancé Aynaci.
"Environ le double du nombre des Syriens établis en Turquie a été forcé à se déplacer et à rallier la frontière. Derrière cette affaire, ne décèle-t-on pas un plan visant à métamorphoser la structure démographique de la Syrie", s'est interrogé le responsable de l'IHH.
Aynaci a fait savoir que plus de mille tentes ont été plantées à la frontière et sont destinées aux Syriens dont l'abri demeure le principal problème.