AA/Dakar/Arona BASSE
La Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI) sénégalaise, a condamné lundi Karim Wade, fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, a six ans de prison ferme, pour enrichissement illicite.
Même si la CREI n’a pas suivi le réquisitoire du Parquet spécial qui sollicitait une condamnation à une peine de 7 ans de prison pour les principaux prévenus, elle a toutefois condamné Karim Wade, pour l'acquisition de 200 millions USD grâce à des montages financiers complexes du temps où il était ministre (2009-2012), à 6 ans de prison ferme et au paiement d’une amende d’environ 270 millions usd.
Les co-accusés de Wade, Evelyne Riout Delâtre, Karim Aboukhalil et Mballo Thiam, tous en fuite, en sus de faire l’objet d’un mandat d’arrêt international, ont été condamnés à 10 ans de prison et à une amende de près de 270 millions de dollars également.
L’homme d’affaires Bibo Bourgui, coaccusé de Karim Wade, qui s’était présenté à la barre sur une chaise roulante en septembre dernier, s'est vu infliger cinq ans de prison ferme et une amende du même montant.
Les autres co-accusés comme Alioune Samba Diassé et Mamadou Pouye, ont écopé de cinq ans de prison et d’amendes d'un montant avoisinnant les 138 millions usd.
La Cour a aussi ordonné la confiscation de tous les biens de ces personnes et prononcé la contrainte par corps au maximum (c’est-à-dire la prison pour dette).
En outre, la CREI a alloué près de 20 millions usd à l’Etat du Sénégal pour sa constitution en tant que partie civile.
Seuls les prévenus Mbaye Ndiaye et Pierre Agboba ont été relaxés des faits de complicité d’enrichissement illicite.
Sous la présence effective de l’ancien président Abdoulaye Wade, la Cour a rendu sa décision dans un climat de tension palpable. A l’annonce du verdict, plusieurs partisans de Karim se sont d’ailleurs aussitôt levés pour dénoncer la condamnation, interrompant ainsi la lecture du verdict par la Cour.
Aucun trouble n’a été enregistré à Dakar jusqu’à 14h GMT.
Les avocats de Karim Wade qui boycott le procès depuis le mois de janvier dernier, estimant que ce dernier était « politique », ont prévu une conférence de presse dans l’après-midi de lundi.