AA - Paris - Bilal Muftuoglu
L'association Médecins Sans Frontières (MSF) a critiqué l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour son manque de leadership et sa réponse tardive à l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, qui a fait plus de 10 000 morts.
Dans son rapport intitulé ''Poussés au-delà de nos limites'', publié le 23 mars, un an après le début de l'épidémie, MSF a déploré que l'OMS ne soit intervenue dans les trois pays les plus touchés par l'épidémie, à savoir la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, qu'en août 2014. MSF avait, elle, qualifié Ebola dès mars 2014 d'une maladie ''sans précédent'' alors que ce n'est que le 8 août 2014 que l'OMS avait décrété une ''urgence de santé publique mondiale'' à cet égard.
Selon le directeur général de MSF, Christopher Stokes, il faudra chercher l'erreur dans ''l'inaction'' des institutions internationales qui ont fait que l'épidémie d'Ebola atteigne une telle ampleur. ''On a souvent dit que cette épidémie était le fruit d’une accumulation de mauvaises circonstances: Une épidémie étendue sur plusieurs pays, dotés d’un système de santé faible et n’ayant jamais fait face au virus Ebola'', a notamment indiqué Stokes dans le rapport avant de préciser: ''Cette explication est bien trop facile. L’ampleur atteinte par Ebola est aussi due à une réaction défaillante de plusieurs institutions. Leur inaction a eu des conséquences tragiques qui auraient pu être évitées''.
''L'OMS aurait dû combattre le virus, pas MSF'', a-t-il poursuivi.
Le rapport de MSF a par ailleurs constaté que le personnel médical sur place ''n’était pas préparé à faire face à une situation où au moins 50% de leurs patients meurent d’une maladie pour laquelle il n’existe aucun traitement '', une situation qui nécessitait d'autant plus l'intervention de l'OMS, selon lui.
L'OMS aurait dû réagir avec ''orientation claire'' dès lors que ''ce n'était pas simplement le nombre des cas qui suscitait une inquiétude, mais la propagation de l'épidémie'', d'après MSF.