AA/ Dakar/ Babacar Dione
L’homme d’affaires, Bibo Bourgi, accusé d’avoir d’aidé Karim Wade, fils de l’ancien Président sénégalais Abdoulaye Wade, à « acquérir des biens illicites » comparaîtra à la barre lundi prochain malgré son état de santé délabré, a annoncé, mercredi à Dakar, le juge Henry Grégoire Diop.
« Je suis atterré, scandalisé. C’est la preuve que la Cour s’affranchit de tous les avis médicaux qu’elle a elle-même sollicités», s’est indigné Me Dreyfus Schmidt, avocat de Bourgi soulignant que « l’on va faire comparaître un homme affaibli, malade au mépris du droit à la vie ».
Rebondissant sur la contestation de la défense de Bibo Bourgi de sa décision sous prétexte que les experts ont confirmé l’état de santé délabré de leur client, le juge de la Cour de répression de l'enrichissement illicite (Crei) a rétorqué : « l’expert ne donne qu’un avis que la Cour n’est pas tenue de le suivre ».
Cette décision de la Crei survient après que les avocats de Bourgi ont demandé, mardi, au président de la République, Macky Sall, d’intervenir afin que leur client soit autorisé à aller se soigner en France.
Le 31 juillet, à l’ouverture du procès de l’accusé principal, Bibo Bourgi, témoin-clé dans l'affaire Karim Wade, était absent. La Cour a alors émis un mandat d’amener l’obligeant à se présenter à la barre sur une chaise roulante avec des perfusions. Après l’avoir entendu, la Cour a décidé de le dispenser de comparution jusqu’ à la fin des exceptions de nullité soulevées par les avocats de Karim Wade.