AA/Bangkok (Thaïlande)
Face à la vague de critiques et de sanctions de l’Union Européenne et des Etats-Unis contre son coup d’Etat du 22 mai, la junte thaïlandaise a réagi par un mélange d’indifférence affectée et de nationalisme.
Certains citoyens semblent même appeler de leurs vœux une confrontation, tel que Charoen Wattanasin qui a posté sur sa page Facebook officielle : « La Birmanie [Myanmar] a réussi à survivre en tant que nation isolée pendant 50 ans, alors pourquoi pas nous ? »
Les Etats-Unis ont annoncé mercredi, une nouvelle série de sanctions contre la Thaïlande, réduisant l’aide financière pour le pays de 4,7 millions de dollars.
Lundi, l’Union Européenne a décidé de «suspendre toutes les visites officielles vers et en provenance de la Thaïlande… jusqu’à ce qu'un gouvernement démocratiquement élu soit en place » ajoutant qu’elle ne signerait pas d’« accord de partenariat et de coopération » pour resserrer les liens politiques et économiques.
Après avoir rencontré mardi, les représentants de l’UE à Bangkok, le Secrétaire permanent du ministère thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, a déclaré que les sanctions de l’Union Européenne étaient seulement « symboliques ».
« La suspension des accords ne nous affectera pas beaucoup en pratique, étant donné que la Thaïlande n’en est qu’aux phases initiales de la signature du document et il faudrait des années à l’UE pour recueillir les approbations des 28 membres» a relativisé Phuangketkeow qui assume actuellement la fonction de ministre des Affaires étrangères.
La Fédération des Industries Thaïlandaises (FTI) – responsable de la coordination du développement socio-économique du pays – a averti mardi l’UE que sa décision de réduire les liens avec la Thaïlande pourrait avoir des répercussions multiples.
« Les accords de libre-échange sont bilatéraux et si l’UE poursuit ces mesures, elle perdra également. Le ralentissement sera préjudiciable pour les deux parties » a mis en garde le président de la FTI, Supant Mongkolsuthree, en s’adressant aux médias locaux.
Le Général Prayuth Chan-ocha, nouvel homme fort du pays depuis le coup d’Etat de mai, a pour sa part, fait fi des sanctions, déclarant que le Conseil militaire « continuera à résoudre les problèmes du pays en prenant en compte sa fierté ».