Yosra Ouanes
21 Mai 2019•Mise à jour: 22 Mai 2019
AA/Tunis/Yosra Ouannes
La justice tunisienne a libéré, provisoirement mardi, l’expert onusien Mocef Kortas, arrêté depuis la fin de mars dernier et accusé dans le cadre d'une affaire d’espionnage.
Le porte-parole du Tribunal de première instance de Tunis, Sofiene Sliti, a déclaré à Anadolu que la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Tunis a décidé de libérer provisoirement l’expert onusien Moncef Kortas.
Sliti a souligné que « le juge d’instruction a refusé, au début, de libérer Kortas ».
Au début du mois de mai courant, l’Organisation des Nations Unies avait appelé les autorités tunisiennes à libérer l'un de ses employés, détenu depuis le 29 mars.
Le 29 mars dernier, le ministère tunisien de l'Intérieur avait annoncé l'arrestation de Kortas, dans le cadre du démantèlement d'un réseau d'espionnage qualifié de "dangereux".
Des médias locaux avaient alors rapporté que les agents de sécurité ont arrêté le responsable onusien à l'aéroport international de Tunis-Carthage, en provenance de la capitale italienne, Rome.
Le porte-parole du Pôle judiciaire de lutte antiterroriste, Sofiene Sliti, a déclaré que l'expert onusien Kortas ne bénéficie pas de l'immunité de l'ONU, contrairement à ce qui a été indiqué, étant donné que "les actes qui lui sont imputés étaient dus à ses propres intérêts et non à ceux des Nations Unies".
Selon Selliti, l'arrivée de Kortas en Tunisie ne s'inscrivait pas dans le cadre d'une mission onusienne, et qu'il a utilisé son passeport tunisien et n'était pas en possession du passeport de l'ONU. "Il est également chargé d'une mission en Libye et non pas en Tunisie, ce qui lui ôte l'immunité attribuée en vertu de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies", ajoute Selliti.
Kortas est un expert auprès du Conseil de Sécurité de l'ONU, et chercheur à l'Institut des hautes études internationales et du développement à Genève, et coordinateur des projets de programmes d'études sur les armes en Libye et en Afrique du Nord.