AA/ Sanaa/ Foued Messad
La présidence yéménite et le groupe Ansarallah (Houthis) ont signé, dimanche soir, l’accord de sortie de crise, en présence de l’envoyé spécial de l’ONU au Yémen et des forces politiques du pays, apprend-t-on des sources de la Présidence et du gouvernement.
« L’accord a été signé au siège de la Présidence au sud de la capitale Sanaa, en présence de l’émissaire spécial de l’ONU, Jamal Benamor et des différentes forces politiques du pays », ont déclaré les mêmes sources à Anadolu sous couvert de l’anonymat.
L’accord prévoit « la formation d’un nouveau gouvernement » et « la mise en place d’une commission économique chargée de revoir la décision de lever les subventions des produits pétroliers ».
Il s’agit également de revoir « le plan de découpage territorial» du pays approuvé par le congrès du dialogue national en vertu duquel le Yémen sera divisé en six districts administratifs, dont quatre au Nord et deux au Sud.
La signature de l’accord tant attendu par les yéménites survient, peu après la démission, dimanche, du premier ministre, Mohamed Salem Basindawa, en signe de protestation le président Abd Rabo Mansour Hadi qu’il accuse de « monopoliser le pouvoir ».
En contrepartie, la Présidence a nié cette démission, affirmant que « le président de la République n’a pas encore reçu la démission, pour être examinée conformément aux procédures juridiques en vigueur », cite l’agence de presse yéménite (SABA, officiel).
« Le gouvernement de Basindawa est réputé être encore en exercice », a conclu la même source.
Depuis des semaines, le Yémen est en proie à de vives tensions au vue de l’escalade des protestations des Houthis qui revendiquent le départ du gouvernement et l'annulation de la dernière décision de lever les subventions des dérivés pétroliers.
Le mouvement Chiite Houthi est apparu, pour la première fois, au Yémen, en 1992, établissant ses bases opérationnelles dans la province de Saada. Les nombreux combats entre le groupe armé, d'un côté, et l’armée yéménite et des tribus locales, de l'autre, ont causé des milliers de morts dans les deux camps.