Hafawa Rebhi
13 Septembre 2017•Mise à jour: 13 Septembre 2017
AA / Londres
La Turquie et la Grande-Bretagne deviendront des piliers importants de la construction de l'avenir de l'Europe, comme elles le sont aujourd’hui, a déclaré mercredi le ministre turc des Affaires de l’Union européenne (UE) et négociateur en chef avec l’UE, Omer Çelik.
Çelik s’est ainsi exprimé lors d’une conférence intitulée « Turquie, Grande-Bretagne et Europe: une vision commune d'avenir », qu’il a prononcé au Chatham House, officiellement connu sous le nom du Royal Institute of International Affairs.
« La Grande-Bretagne, qui est la porte de l'Europe vers l'Atlantique, et la Turquie ; sa porte d'entrée vers l'Asie, continueront à orienter la politique européenne », a déclaré Çelik.
Le diplomate turc a estimé que le processus de sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne ne changerait pas le fait qu'elle (la Grande-Bretagne) est une force importante en Europe.
« La Turquie est une force européenne - comme cela a été tout au long de l'histoire –, même si elle n’a pas rejoint l'Union européenne. Et elle poursuit depuis 100 ans sa voie, tout en faisant partie des démocraties européennes», a ajouté le négociateur en chef avec l’UE.
En réponse à une question sur l'avenir de l'Union européenne après le départ de la Grande Bretagne, le ministre turc a évoqué une réaction turque « pas très positive » ; son pays ayant perdu un allié qui soutient l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.
La confiance des peuples européens dans l'Union européenne a été ébranlée, laissant place à une crise de la légitimité, a avisé Çelik.
«De même que la situation après la Seconde Guerre mondiale a conduit à la création de l'Union européenne, et tout comme l'Union européenne est devenue la puissance douce la plus importante au monde après la guerre froide, le situation actuelle pousse l'UE à se repositionner dans le système mondial», a-t-il estimé.
Selon le diplomate turc, il est donc inévitable pour l'Union européenne de reconsidérer les partenariats et les politiques existants, en particulier sa politique d'expansion et de voisinage.
Si elle veut maintenir son « soft power » au 21ème siècle, l'UE devrait se concentrer sur le concept d'intégration sociale, a préconisé Çelik. C’est que, selon lui, l’intégration sociale permet d’éliminer la polarisation et de d’immuniser la société contre les poisons des crimes haineux, de l'islamophobie et de l'antisémitisme.
Toute seule, l’UE ne peut pas résoudre les problèmes de «l'annexion de la Crimée par la Russie», de la «migration», de « l'afflux de réfugiés » et les crises de l'Ukraine et de la Syrie, a renchéri le ministre turc, tout en soulignant que les appels à l’éviction de la Turquie ne serviraient pas l'avenir de l’Europe.
En protégeant ses frontières contre des organisations terroristes comme le PKK et Daech, la Turquie, en tant qu'Etat indépendant, est également en train de protéger les frontières de l'Europe, a expliqué Çelik, avant de conclure : « Défendre la sécurité d’Ankara, c’est défendre la sécurité de Berlin, Londres, Rome et Paris ».