Çiğdem Alyanak
23 Juillet 2017•Mise à jour: 24 Juillet 2017
AA / Istanbul / Çiğdem Alyanak
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a souligné, dimanche, que « la mosquée al-Aqsa représente l’honneur de 1,7 milliards de Musulmans et non pas uniquement des Palestiniens et qu’il ne faut pas s’attendre à ce que le Monde musulman reste les bras croisés face aux restrictions imposées à al-Aqsa".
Erdogan s’exprimait au cours d’une conférence de presse animée à l’aéroport international Atatürk d’Istanbul peu avant son départ en direction de l’Arabie Saoudite, première escale d’une tournée dans la région du Golfe où il se rendra également au Koweït et au Qatar.
« La Turquie a dénoncé publiquement et avec force les restrictions israéliennes imposées à al-Aqsa, a dit Erdogan, relevant que son pays « continuera à œuvrer pour le renforcement de la paix dans la région et à soutenir les droits et de la Cause de nos frères Palestiniens et leur lutte légitime pour la liberté ».
« En ma qualité de président périodique de l’Organisation de la Coopération Islamique, j’appelle Israël, encore une fois, à agir conformément au droit, aux valeurs humaines et à la coutume internationale », a-t-il poursuivi, mettant l’accent sur la nécessité pour Israël « d'éviter tout ce qui est de nature à aggraver l’escalade dans la région ».
Erdogan a affirmé que Ankara « déploie d’intenses efforts en vue de mettre fin à la tension à Jérusalem et afin de rétablir le calme à al-Aqsa".
S’agissant de la crise du Golfe, Erdogan a indiqué que «La Turquie regrette les récents développements dans la région du Golfe. Les Musulmans ont plus besoin aujourd’hui d’entraide et d’unité. Malheureusement, les drames qui se déroulent en Syrie, en Irak, en Libye et en Palestine connaissent une recrudescence de jour en jour et ce qui se passe à al-Aqsa en est la preuve » .
« Le Monde musulman se doit de s’éloigner des différends internes et des scissions qui sont de nature à dilapider les énergies des Etats », a-t-il estimé.
Il a, dans ce cadre, rappelé qu’Ankara avait appelé depuis l’éclatement de la crise du Golfe à « la nécessité d’aplanir les différends par des voies pacifiques et via le dialogue ».
« Faire durer encore la crise du Golfe n’est profitable à aucun des protagonistes », a précisé le président turc, relevant que les parties qui tirent profit de la crise du Golfe sont ceux qui « s’emploient à semer la zizanie entre les frères et à contrôler l’avenir de la région ».
Erdogan a réitéré le soutien absolu de son pays à la médiation menée par l’émir de l’Etat du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad al-Jaber al-Sabah et aux efforts déployés plusieurs autres pays dans la région et dans le monde pour contenir la crise du Golfe ».
Erdogan a relevé que l’Arabie Saoudite est la grande sœur de la région du Golfe arabe et qu’elle assume un rôle majeur en matière de résolution de la crise du Golfe.
« Le roi Salman Ibn Abdulaziz al-Saoud figure parmi les personnalités qui sont en mesure de résoudre le différend », a-t-il insisté.
S’agissant de sa visite, demain lundi, au Qatar, Erdogan, a relevé qu’il «discutera avec l’émir cheikh Tamim Bin Hamad Al—Thani des derniers développements de la crise du Golfe et de la situation qui prévaut en Syrie, en Irak, au Yémen et en Libye ainsi que de la lutte contre le terrorisme.
Erdogan a salué les positions qataries concernant la crise du Golfe. Il a souligné, dans ce cadre, que « le Qatar a agi depuis le début de la crise du Golfe de manière saine et avec clairvoyance et a déployé d’intenses efforts pour résoudre la crise via le dialogue ».
«Je considère que les déclarations de l’émir Tamim, d’il y a deux jours au sujet de la crise du Golfe, comme étant un pas positif vers la solution », a-t-il encore dit.
Le 5 juin dernier, l’Arabie Saoudite, l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et le Bahreïn ont rompu leurs relations avec le Qatar sous prétexte de soutien de Doha au « terrorisme », ce qui est catégoriquement démenti par le Qatar qui estime faire face à une « campagne de calomnies et d’assertions mensongères ».