Esma Ben Said
22 Août 2017•Mise à jour: 22 Août 2017
AA/Paris/Zeynep Ciftci
Plusieurs rixes entre migrants ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi et mardi après-midi à Calais (Nord) faisant au total 21 blessés, a annoncé la préfecture du Pas-de-Calais.
Dans la nuit de lundi à mardi, plusieurs bagarres nocturnes entre migrants Africains et Afghans impliquant 150 à 200 personnes ont été enregistrés, d'après la préfecture.
"De 23 heures à 6 heures, quatre rixes à quatre endroits différents localisés près de l'A16 ou de la rocade portuaire ont opposé Afghans et Érythréens par petits groupes, certains armés de barres de fer ou de bâtons", a rapporté un communiqué de la préfecture.
Elles se sont soldées par "seize blessés légers" (des plaies et traumatismes bénins)", a précisé la même source.
D'après le cofondateur du hangar de distribution de l'association Auberge des migrants, Sylvain, cité par la presse locale, la bagarre de lundi soir "est parti d'une petite dispute avec un migrant alcoolisé, durant une distribution de nourriture. Puis ça a dégénéré dans toutes les 'jungles' ".
"Les conditions de vie très difficiles font que les différences culturelles entre communautés se font plus ressentir. Les migrants fonctionnent par groupes pour s'en sortir et ils sont très solidaires" lorsque l'un d'entre eux est agressé, a-t-il ajouté.
Des rixes ont repris à Calais mardi vers 14h30, impliquant de nouveau une centaine de migrants, et faisant trois blessés du "côté de l'antenne du Secours catholique" puis deux "près de l'A16" (l'autoroute), a détaillé la préfecture de la région dans un communiqué.
En outre, vingt personnes ont été placées en rétention administrative et sept autres en garde à vue, selon la même source.
"Les forces de l'ordre sont intervenues la nuit dernière et en début d'après-midi extrêmement rapidement avec des moyens adaptés pour faire cesser les troubles", a affirmé le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry, cité par des médias locaux.
"Nous serons très vigilants dans les prochaines heures pour éviter la répétition de ce type d'épisodes en mettant les moyens nécessaires pour éviter qu'ils ne se reproduisent", a-t-il poursuivi, expliquant que l'État maintenait à Calais "une force publique constituée en moyenne de 340 à 400 policiers supplémentaires".
- Des conflits de longue date
Les rixes entre migrants sont monnaie courante dans la "jungle" de Calais.
En juillet déjà, une rixe opposant une centaine de migrants Érythréens au migrants Éthiopiens, avait fait 16 blessés dont un grave dans la zone industrielle de Calais.
Les conditions de vie des migrants ont particulièrement fait l'objet d'indignation ces derniers mois de la part d'associations, et notamment Jacques Toubon, Défenseur des droits, qui, le 14 juin, avait déploré des atteintes aux droits "d'une exceptionnelle et inédite gravité".